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BEAUTÉ
Botox l'enquête frontale
31 Août 2008 par Luc Biecq
Révolutionnaire ou déjà dépassé, le Botox ? Les patientes seraient lassées, le résultat incertain. Deux experts, une dermatologue et un chirurgien esthétique, piquent dans le vif du sujet.
Tactique anti-plis
Qui ne connaît pas la toxine botulique ? Depuis 2003, sa forme injectable est autorisée à des fins esthétiques. Quel est donc le super pouvoir de ce botox ? Sa capacité à bloquer les contractions musculaires à l'origine des rides. Mais attention, pas n'importe quelles rides ! L'AMM en esthétique (tout médicament doit posséder une Autorisation de mise sur le marché) concerne seulement les rides entre les sourcils. Dermatologue, Joëlle Sebaoun explique que l'expérience des praticiens a permis d'étendre cette indication au tiers supérieur du visage. « 95 % des traitements ciblent le front et la patte d'oie », confirme Richard Zloto, chirurgien esthétique. « Le bas du visage, le décolleté, le cou, ne sont pas des zones d'injection classiques », ajoute la dermato.
Si la majorité des femmes qui ont essayé se disent satisfaites du résultat, il existe des déçues de la piqûre. Après enquête, il semble qu'elles aient eu affaire à des médecins généralistes utilisant parfois un produit non autorisé en esthétique. À ce jour, seul Vistabel® peut être injecté en esthétique, par cinq catégories de médecins spécialistes (voir encadré). Ne prenez pas de risque, c'est votre visage et… votre argent : une séance coûte de 400 à 600 €. Hélas, dans ce secteur, les petits arrangements avec la loi sont légion. Alors, si l'expérience vous tente, voici comment éviter de vous enlaidir.
Trouver le bon médecin
Une formation spécifique permet à ces praticiens d'apprendre à utiliser ce produit. Un apprentissage bref, mais qui s'adresse à des spécialistes qui connaissent parfaitement l'anatomie du visage. Ceux qui l'ont suivi savent, en théorie, éviter l'aspect tête de momie. « Les femmes françaises cherchent le naturel », insiste Richard Zloto. Soit… Mais comment l'obtenir, docteur ? « En jouant sur l'équilibre des muscles faciaux pour relaxer les traits. Tout commence par une étude précise de la dynamique du visage. » Car si le geste est présenté comme banal, le résultat ne sera joli que si l'injection intra-musculaire est très précise.
Attention aux abus
Ne vous limitez donc pas au seul bouche à oreille, vérifiez la qualification du médecin (www.conseil-national.medecin.fr). De plus, Richard Zloto conseille « d'arriver en consultation sans idée préconçue et de laisser le médecin jouer son rôle de thérapeute et appliquer son devoir d'information ». Bref, n'oubliez pas qu'il s'agit de médecine. Avant de penser à vous faire lisser le front, servez-vous de vos neurones !
Les 7 étapes de la consultation
1 Dialogue avec le médecin.
2 Signature du document de consentement et du devis.
3 Étude morphologique (froncement, lever des sourcils…).
4 Marquage des points d'injection.
5 Calcul des doses en fonction de la force musculaire.
6 Injection.
7 Nettoyage et camouflages des rougeurs.
Attention : aucune intervention ne doit être pratiquée le jour de la première consultation !
Il existe quelques contre-indications absolues au botox : la grossesse, l'allaitement, et certaines maladies. Le médecin doit vous en parler.
1 Dialogue avec le médecin.
2 Signature du document de consentement et du devis.
3 Étude morphologique (froncement, lever des sourcils…).
4 Marquage des points d'injection.
5 Calcul des doses en fonction de la force musculaire.
6 Injection.
7 Nettoyage et camouflages des rougeurs.
Attention : aucune intervention ne doit être pratiquée le jour de la première consultation !
Il existe quelques contre-indications absolues au botox : la grossesse, l'allaitement, et certaines maladies. Le médecin doit vous en parler.
> Accro à la piquouse
Rapprocher les injections les rend inefficaces. La toxine, qui fonctionne comme un vaccin, n'agit plus. C'est donc 2 à 3 fois par an maximum. Certains médecins ont testé la toxine botulique pour diminuer les rides des joues ou la commissure des lèvres. C'est une pratique fortement déconseillée dans cette zone riche en muscles qui servent à parler ou à avaler.
> Qui peut injecter ?
Cinq catégories de médecins ont le droit d'injecter : les dermatos, les ophtalmos, les praticiens en chirurgie de la face et du cou, maxillo-faciale et plastique. Que penser des médecins dits esthétiques ? Ils ne sont pas habilités à injecter la toxine et la société qui fabrique le Vistabel® n'a pas le droit de leur en vendre. « Beaucoup se fournissent à l'étranger », explique le labo… Depuis octobre 2007, 80 médecins peuvent mentionner leur spécialisation en « médecine morphologique et anti-âge », un titre validé par l'ordre des médecins. Soit, mais ces médecins ne sont pas autorisés à piquer.
> Attention danger ?
Une étude italienne a récemment démontré que le botox migrait vers le système nerveux central depuis son point d'injection. Précisons que l'étude a été menée sur des rats, mais elle rappelle que l'utilisation de la toxine n'est pas anodine. Au même moment, l'Autorité américaine de surveillance du médicament prononçait une mise en garde dans le cas d'un usage thérapeutique à haute dose. « Ce n'est pas un médicament toxique quand il est mis entre des mains expertes et utilisé pour les bonnes indications, insiste le Dr Sophie Sangla, neurologue, n'oublions pas qu'il peut changer des vies. » La toxine soigne des spasmes chroniques, des problèmes de strabisme... Dans le traitement des rides, les doses de produit sont infimes. Seuls quelques effets indésirables ont été signalés, mais aucun cas grave.
JP.
Quatre raisons de fuir
1 Une injection ne doit pas avoir lieu après une consultation de trois minutes.
2 Le praticien commente votre physique de façon abrupte. Au secours, ce n'est pas un casting !
3 Il vous fixe un nouveau rendez-vous quatre mois après. C'est à vous de décider !
4 Une secrétaire vous relance par téléphone pour une nouvelle injection. Et puis quoi encore ?
1 Une injection ne doit pas avoir lieu après une consultation de trois minutes.
2 Le praticien commente votre physique de façon abrupte. Au secours, ce n'est pas un casting !
3 Il vous fixe un nouveau rendez-vous quatre mois après. C'est à vous de décider !
4 Une secrétaire vous relance par téléphone pour une nouvelle injection. Et puis quoi encore ?
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