Abonnez-vous au flux RSS de pausesante.fr

Accueil du site > Beauté soins > Jeune et belle sans scalpel ?

 


Photo © Fanny (agence Coccinelle) est photographiée par Stéphane Bourgies (www.bourgies.com), bande de crêpe Velpeau®.

BEAUTÉ

Jeune et belle sans scalpel ?

22 Octobre 2009 par Julie Pujol

Une société qui nous incite à vivre plus longtemps, tout en nous suggérant de rester jeune… Paradoxe dites-vous ? Pourtant, ce serait aujourd'hui possible. Et qui plus est, sans passer sur le billard. Explications.

 

De nombreuses méthodes non invasives, dites de « médecine esthétique » nous promettent dorénavant de nous embellir et de nous rajeunir. Une médecine plébiscitée pour ses gestes moins lourds qui devrait enregistrer une hausse de 13 % dans les années à venir, au détriment de la chirurgie (1). En 2050, une personne sur trois sera âgée de 60 ans ou plus, prévoit l'INSEE. Un marché juteux pour tous les « magiciens » du rajeunissement. Une utopie ou un rêve à portée de main ? Nous avons passé au crible 3 de ces nouvelles techniques. Info ou intox ?

Éliminer la cellulite sans liposuccion


La technique appelée mésothérapie est d'abord utilisée en médecine du sport ou en rhumatologie et consiste en de multiples micro-injections de médicaments sous la peau. En esthétique, elle se nomme lipolise ou lipodissolution et elle prétend dissoudre les amas graisseux. Problème : son efficacité n'a pas été démontrée. Une expérience coréenne (2) souligne même l'absence totale de résultats. Trente femmes ont subi des injections pendant 12 semaines. Leur changement de poids était évalué par scanner et radio. Conclusion : aucune différence ! « En fait, ces techniques consistent à faire “maigrir“ les cellules graisseuses, explique le docteur Latouche (3), chirurgien plastique, sans avoir d'effet sur leur nombre [contrairement à la liposuccion, ndlr]. Elles sont donc toujours prêtes à stocker de nouvelles graisses. » Excepté un effet éventuel sur l'aspect peau d'orange, aucune action n'est possible sur les volumes. Plus grave : de nombreux praticiens utilisent un médicament interdit en France (4), une solution à base de phosphatidylcholine, Lipostabil®. L'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS) a fait savoir que sa sécurité n'était pas établie et que des complications avaient été observées.

Gonfler les seins sans prothèses


Un rêve qui serait enfin possible grâce au laboratoire Q-Med et son Macrolane®, un acide hyaluronique spécialement développé pour traiter de grands volumes, et notamment les seins. Mais le prix des injections est très conséquent (entre 3 500 et 4 500 euros), pour un effet qui ne dure qu'un an et demi environ. Par ailleurs « les résultats ne sont pas extraordinaires puisqu'on ne peut pas injecter de très grandes quantités », note le docteur Perrogon, médecin et président de l'AIME (5). Enfin l'AFSSAPS émet des réserves quant à l'injection de cette substance à proximité immédiate « d'une région connue comme une zone à forte prévalence de cancer ». « Ce n'est pas la substance en elle-même qui risque de poser problème, précise le docteur Latouche, mais le fait qu'elle ne soit pas enfermée dans une membrane comme les prothèses. Par conséquent on ne sait pas si elle est susceptible de migrer. » Mais alors comment se fait-il que le produit soit autorisé ? En fait, à part la toxine botulique, les injectables sont considérés comme des dispositifs médicaux. Ils sont soumis à beaucoup moins de contrôles préalables que les médicaments. « Un produit injectable marqué CE ne signifie pas qu'il est efficace ou sans inconvénients pour le patient », précise Muriel Gaudin, une journaliste qui a enquêté sur le phénomène (6). Dès lors, une règle de sagesse s'impose : attendre.

Faire pousser les cils d'un coup de pinceau


Bientôt oublié le mascara ? C'est la promesse de Latisse®, le premier traitement pour la pousse des cils approuvé par la FDA, l'agence de pharmacovigilance américaine. Ce médicament utilisé à l'origine dans le traitement du glaucome, a produit cet effet secondaire inattendu. Dans son indication esthétique, le produit se pose au ras des cils à l'aide d'un applicateur. Parmi les effets indésirables : inflammation oculaire et hyperpigmentation des paupières. Toutefois réversibles… tout comme les effets bénéfiques. À l'arrêt du traitement, les cils reprennent leur apparence habituelle, précise le fabricant. Latisse® est vendu uniquement sur ordonnance et n'a pour le moment reçu aucune autorisation de mise sur le marché en France.

(1). Selon les chiffres du congrès européen IMCAS 2009.
(2). Effectiveness of mesotherapy on body contouring. Department of plastic and reconstructive surgery, Korea university medical center.
(3). Auteur de Médecine esthétique, belles, beaux sans bistouri, avec Chantal Higy-Lang, aux éditions Hachette Pratique.
(4). La phosphatidylcholine (ou lécithine) entre dans la composition de nombreux médicaments bénéficiant d'une autorisation en France. En revanche, aucun médicament contenant cette substance en tant que principe actif n'est à ce jour autorisé.
(5). Association pour l'information médicale en esthétique : www.infoesth.com ou 01 42 09 41 10.
(6). Médecine esthétique, rajeunir sans bistouri et sans risques, aux éditions Leduc.s.

La consultation


1. Fiez-vous au bouche à oreille plutôt qu'à Internet pour choisir votre médecin. Vérifiez sa spécialité auprès du conseil de l'ordre sur www.conseil-national.medecin.fr ou www.ordomedic.be pour la Belgique.
2. La consultation doit durer au moins une vingtaine de minutes (antécédents médicaux, allergies…).
3. Le médecin doit vous expliquer le déroulement du traitement, les risques possibles. Il ne doit pas vous inciter à corriger d'autres zones que celles pour lesquelles vous êtes venue consulter.
4. Ne cachez pas les traitements et les produits injectables que vous avez pu recevoir auparavant.
5. Le praticien doit vous remettre obligatoirement un devis à partir de 300 €.
6. Le devis mentionne, outre le prix, la nature des produits choisis.
7. Aucune intervention ne peut être effectuée le jour de la première consultation.
8. Vous disposez d'un délai légal de 15 jours pour réfléchir.


Polémique au pays de l'esthétique


Aucun praticien ne peut normalement revendiquer le titre de « médecin esthétique », car il ne s'agit pas d'une spécialité établie. Il existe néanmoins depuis peu un diplôme universitaire de « médecine morphologique et anti-âge » reconnu par le conseil de l'ordre (l'intitulé « esthétique » ne pouvait être retenu car il était déjà utilisé par les chirurgiens esthétiques). Mais cet été, un rapport de la Direction générale de la santé, dévoilé plus tôt que prévu par Le Figaro, mettait le feu aux poudres. Le texte relatait plusieurs cas de complications sur des patients adeptes de la médecine esthétique et suggérait une nouvelle réglementation, pointant notamment le manque de formation de ces médecins dits esthétiques.
Dans un communiqué, l'Association française de médecine morpho-esthétique et anti-âge (AFMEaa) accuse les chirurgiens et dermatologues de vouloir conserver les parts du gâteau. « C'est surtout aux praticiens, quels qu'ils soient, de se former, tempère le docteur R., chirurgien plasticien. Durant les études de médecine, il n'y a plus de cours d'anatomie après la deuxième année. Dans le cursus de dermatologie non plus d'ailleurs. »

 

 

0 vidéo(s)

 

 

Envoyer Imprimer Réagir

   

 

 

Partager

Digg del.icio.us Facebook Google Scoopeo TwitThis Wikio FR BlogMemes Fr Furl Live blogmarks Technorati StumbleUpon YahooMyWeb

 

 

Ce site respecte les principes de la charte HONcode de HON Ce site respecte les principes de la charte HONcode. Vérifiez ici.