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Photo © Réau Alexis/SIPA
BIEN-ÊTRE
Le rugby un concentré de vertus
19 Novembre 2009 par Pascal Turbil
Sport solidaire par excellence, le rugby véhicule des valeurs de partage, d'intégration et de respect, qu'il est bon de transmettre aux jeunes. Et les modèles ne manquent pas avec notamment le retour en France de joueurs médiatisés comme Sébastien Chabal.
À quel âge peut-on débuter le rugby ?
Selon Frédéric Barthe, directeur du centre de formation du Racing Métro 92, le club des Hauts-de-Seine, le rugby, il n'y pas d'âge pour… débuter. Dès 5 ans, la plupart des clubs accueillent les petits pour une initiation. Mais ce qu'il retient surtout, c'est l'excellent accueil fait aux débutants dans les clubs : « Dans ce sport, les enfants sont particulièrement bien encadrés. Mais on peut également débuter plus tard. Mon fils est passé par le foot et le hand avant de revenir au rugby à 14 ans. » Concernant les inscriptions au club du Racing Métro 92, Frédéric Barthe ne cache pas qu'elles sont légion depuis l'accession du club au Top 14 et l'arrivée de ses vedettes. « Avant, explique-t-il, il fallait aller chercher les jeunes, aujourd'hui ce sont eux qui frappent à notre porte. »
Un combat collectif
Le rugby se distingue des autres sports collectifs en ce qu'il est aussi un sport de combat. « Mais si, précise Frédéric Barthe, pour pratiquer, il faut posséder l'âme d'un guerrier, un joueur seul ne pourra rien faire, aussi bon soit-il. Il doit également être solidaire, aider le plus faible dans un secteur du jeu, car c'est lui qui sera aidé plus tard par ce même joueur, lors d'une autre phase de jeu. Le rugby développe des valeurs collectives et de solidarité qui existent depuis sa création et qui existeront toujours. C'est toute sa richesse. »
Tous ne seront pas professionnels
Le centre de formation a trois ans d'existence mais il souhaite devenir très rapidement un vivier d'excellents joueurs. Son recrutement, prioritairement francilien, veut donner aux jeunes la chance de mener de front une vraie formation scolaire (grâce à un partenariat avec les établissements scolaires et universitaires d'Île-de-France) et une formation sportive préparant au plus haut niveau (leur formation ayant lieu sur le même site d'entraînement que le groupe professionnel). Il permet aux juniors d'apprendre à satisfaire aux exigences du rugby professionnel moderne en passant de deux entraînements par semaine à une séquence quotidienne. Il leur permet aussi de se fondre dans le style du Racing Métro 92. Sa première réussite est le jeune Henry Chavancy qui a réalisé 21 feuilles de match pendant la saison 2008-2009. D'autres suivront certainement son exemple. Frédéric Barthe aime son métier qui le met au contact du vivier de l'élite du rugby de l'équipe première du Racing Métro 92 et du rugby en général. Mais il sait que tous ses pensionnaires ne deviendront pas des professionnels…
Nous formons avant tout des hommes
C'est aussi un message à faire passer aux jeunes du centre qui, en théorie (d'après le règlement des centres de formation au plan national), sont âgés de 16 à 23 ans. Dans la pratique, ils ont plutôt entre 18 et 21 ans. Explications du formateur : « Contrairement à un joueur de football, où la technique prime, pour évaluer le potentiel d'un joueur de rugby, il faut attendre sa maturation physique. Une fois les jeunes majeurs et développés physiquement, nous les gardons trois ans. Après 21 ans, pour un joueur qui n'a pas percé ou qui ne présente pas de grandes dispositions, il sera impossible d'atteindre le haut niveau. » Très peu de joueurs, donc, vont fréquenter le groupe pro, mais le gros avantage d'appartenir à un centre de formation d'un club du Top 14, reste, justement, de fréquenter l'élite. « Ceux qui ne sont pas retenus iront grossir les rangs des clubs amateurs, avec une excellente formation et un état d'esprit que le Racing a toujours insufflé. Ici nous ne formons pas seulement des joueurs, nous formons avant tout des hommes. »
L'exemple des joueurs de haut niveau
La différence entre un bon joueur et un joueur pro ne tient pas seulement aux aspects physiques et techniques de l'entraînement, l'hygiène de vie a son importance : apprendre à bien se nourrir, à dormir suffisamment, à éviter les blessures… Heureusement, les jeunes joueurs, souvent insouciants, ont l'exemple de leurs aînés à leurs côtés. Ils peuvent ainsi voir et comprendre les efforts à fournir et apprécier les résultats sur le terrain.
Racing Métro 92, l'esprit rugby
De retour dans l'élite du rugby Français (Top 14), le Racing Métro 92, le club des Hauts-de-Seine, entend cette année faire jouer ses valeurs autant que ses recrues pour asseoir sa place au plus haut niveau. Par la suite, il ne s'interdit pas de viser encore plus haut…
Sébastien Chabal
Le transfert le plus médiatique de cette rentrée rugbystique, Sébastien Chabal souhaite que l'attention se porte sur le club et non sur sa personne. Il n'empêche, le Racing Métro 92 a réalisé un gros coup en faisant signer l'international et en le faisant revenir en France (il évoluait à Sale, en Angleterre depuis 2004). À 32 ans (1,92 m pour 114 kg), le 2e ligne s'est arrêté sur le projet du club. L'idée d'appartenir au début de l'histoire d'un club de renom qui remonte dans le Top 14 l'a tout simplement séduit. Pour le reste, il affirme se mettre à la disposition du collectif.
Lionel Nallet
Il est, avec Sébastien Chabal, l'autre recrue majeure du club. Capitaine de l'équipe, l'international souhaite apporter son expérience du haut niveau pour installer durablement le club dans l'élite et « rivaliser avec les meilleurs ». Comme son compère de l'équipe de France (Chabal), il est venu au Racing Métro 92 pour relever un challenge et se fondre dans un groupe. Car, à l'instar de son barbu coéquipier, ce 2e ligne n'aime pas parler de lui. Lionel Nallet est un grand timide (1,97 m pour 115 kg) qui s'épanouit dans le collectif : « J'ai commencé le rugby à 6 ans avec les copains et j'ai continué… Dans un groupe il n'y a pas de star, ni d'intrus. L'intégration se fait naturellement. C'est un sport où l'on se fiche de la couleur et de la provenance du joueur. Il doit juste mouiller le maillot pour ses 14 collègues. »
Mehdi Merabet
Le jeune pilier de l'équipe pro est épris de respect. Pour ses coéquipiers les plus capés, dont il s'inspire, mais aussi pour le jeu, ses règles et ses valeurs. « Le rugby est un sport particulier. Violent sur le terrain, mais pas dans les tribunes. Les spectateurs ne sont pas des fans, mais des amateurs de jeu. Ils viennent voir un match. L'affrontement sur le terrain suffit à leur plaisir. De la même manière, jamais une décision d'arbitre n'est discutée pas plus qu'on ne verra un arbitre se faire bousculer. » Des valeurs de respect qu'il observe à la lettre et qui lui permettent d'affirmer que le rugby est une discipline forte, ouverte à tous pourvu qu'on en observe les règles plus que le règlement.
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