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DÉBATS
BLOG à part
02 Septembre 2008 par Liz Levy
La blogosphère santé est en ébullition. Zoom sur l'expérience de santé américaine d'une étudiante française.
Le billet de Lize
Aujourd'hui, je suis allée au medical center de la fac. Ce n'est pas une infirmerie bidon mais plutôt un véritable hôpital avec médecins, infirmières et laboratoire. On m'a fait une prescription et je suis allée chez Duane Reade acheter mes médicaments. C'est là que « l'aventure » commence.
Comment expliquer Duane Reade... C'est une pharmacy mais tu peux aussi y faire plein de courses : produits d'entretien, boissons... Bref Duane Reade présente l'avantage immense d'être ouvert 24 heures sur 24. Ils m'ont fait remplir un papier avec mon nom, mon adresse, sur lequel on me demandait si j'avais une assurance. J'ai repensé au film de Michael Moore et à tous ces gens sans assurance qui doivent venir, entendre le prix des médicaments et se casser en disant que c'est trop cher.
Ici, tu n'arrives pas avec ta prescription pour acheter tes médicaments. Tu y vas, tu remplis ta feuille et tu reviens chercher tes médicaments. Donc retour deux heures plus tard. On me fait signer un registre et c'est en voyant ce qu'il y avait à l'intérieur de ma pochette que j'ai compris. On te donne le nombre exact de comprimés, c'est écrit noir sur blanc, tu n'as pas le droit de venir en redemander.
Et surprise surprise, avec la taxe, je n'en avais pas pour 7,50 $ comme annonçé mais pour 13 $. Jamais vu, une taxe de presque 100 %. Avoir un problème de santé ici était un des trucs qui m'angoissaient et je pense que je n'avais pas totalement tort, même si je ne saurais pas vraiment dire pourquoi. Enfin si, il y a un truc qui me dérange, c'est le décalage. Tu peux acheter des millions de médicaments en libre service, il y a des milliards de pubs à la télé. Et en parallèle, quand on sait ce que tu dois prendre, on te donne juste le bon nombre de pastilles, pas une de plus... et s'il y en a une qui tombe par terre, c'est tant pis pour toi. Je comprends qu'on donne exactement le bon nombre, ça évite des excès et du gaspillage, mais c'est seulement le décalage qui me paraît bizarre.
Elizabeth Levy a 22 ans. Elle étudie à New York.
Retrouvez-la sur http://lizelevy.spaces.live.com
Paroles d'expert
« Effectivement, quand on change de pays, tout change, notamment des choses aussi essentielles que la relation quotidienne entre l'usager et le système de soins. Les médecins de New York sont nombreux à être sortis des systèmes d'assurance qui ne les rémunéraient que 10 $ par rendez-vous. Leur clientèle est donc formée de patients qui payent 100 % de la consultation, soit 100 $, 200 $, 300 $... Trop pour Elizabeth. Aller aux urgences d'un hôpital pour une affection banale ? Elle y serait refusée. C'est pourquoi elle se résout à aller à « l'infirmerie ». Les médecins et infirmières y sont salariés. Ils reçoivent les étudiants en quête de rendez-vous simples, de conseils de prévention, de contraception, et pour des renouvellements d'ordonnance. Le plus souvent, la pharmacie est un espace géré par un pharmacien salarié de la chaîne, situé au fond d'un grand magasin hybride. Les pharmaciens doivent préparer les prescriptions, en comptant les pilules et en les étiquetant au nom du patient, avec la date et la posologie.
silber@basilstrategies.com
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