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DÉBATS
2 contre le cancer
01 Mai 2009 par Olivier Mariotte
Au lendemain d'Octobre rose, la campagne de dépistage du cancer du sein, nous avons voulu savoir comment les administrations centrales travaillent ensemble dans la lutte contre le cancer. Rencontre avec le professeur Dominique Maraninchi, président de l'Institut national du cancer (INCa) et le professeur Laurent Degos, président de la Haute autorité de santé (HAS).
« Il faut parler d'une même voix à la population, surtout quand il s'agit d'un sujet aussi grave que le cancer. » Dominique Maraninchi martèle calmement ce qui est son credo. « Trop souvent les personnes malades ont l'impression d'une cacophonie de la part des administrations. Dans le cas du cancer, nous avons avec la HAS un langage commun et une action commune pour plus de santé, plus de survie, plus de qualité des soins, plus de qualité de vie. »
Laurent Degos acquiesce : « Nos missions sont différentes mais elles sont complémentaires. L'expertise du terrain revient à l'INCa, ainsi que l'action à mener contre ce fléau. La Haute autorité de santé participe à l'amélioration de la pratique des médecins, certifie les établissements, évalue les médicaments, les matériels, les actes médicaux et propose ceux-ci au remboursement. À la fin, c'est la Ministre qui décide. »
Dominique Maraninchi parle avec passion des autorisations des établissements à prendre en charge des patients atteints de cancer : « Nous devons mettre la meilleure médecine au service de nos concitoyens. Cette exigence pourra être satisfaite grâce au dispositif global des autorisations délivrées par les ARH (Agences régionales d'hospitalisation qui régulent l'offre hospitalière au niveau de la région) et aussi par des certifications d'établissements de soins par la HAS. Il faut que, quel que soit votre lieu de vie, vous ayez les mêmes chances d'accéder aux meilleurs soins, que vous ayez besoin de chirurgie, de radiothérapie, de chimiothérapie… ou des 3. »
La démarche est exigeante : près de 30 % des établissements risquent de ne pas satisfaire aux critères qui permettront d'autoriser un établissement. Mais une politique de qualité des soins sera à ce prix. Par ailleurs, pour accompagner le patient tout au long de son parcours, le rôle du médecin traitant est crucial : de l'intérêt donc de sa formation…
Laurent Degos acquiesce : « Nos missions sont différentes mais elles sont complémentaires. L'expertise du terrain revient à l'INCa, ainsi que l'action à mener contre ce fléau. La Haute autorité de santé participe à l'amélioration de la pratique des médecins, certifie les établissements, évalue les médicaments, les matériels, les actes médicaux et propose ceux-ci au remboursement. À la fin, c'est la Ministre qui décide. »
Une prise en charge optimale : privilégier toujours la qualité
« Proximité ne rime pas forcément avec excellence et il est parfois nécessaire de faire plusieurs kilomètres pour avoir accès à des centres d'expertise », dit Laurent Degos. Même si on peut comprendre que perdre du temps apparaît intolérable au malade. Les autorités comme les médecins en ont parfaitement conscience.Dominique Maraninchi parle avec passion des autorisations des établissements à prendre en charge des patients atteints de cancer : « Nous devons mettre la meilleure médecine au service de nos concitoyens. Cette exigence pourra être satisfaite grâce au dispositif global des autorisations délivrées par les ARH (Agences régionales d'hospitalisation qui régulent l'offre hospitalière au niveau de la région) et aussi par des certifications d'établissements de soins par la HAS. Il faut que, quel que soit votre lieu de vie, vous ayez les mêmes chances d'accéder aux meilleurs soins, que vous ayez besoin de chirurgie, de radiothérapie, de chimiothérapie… ou des 3. »
La démarche est exigeante : près de 30 % des établissements risquent de ne pas satisfaire aux critères qui permettront d'autoriser un établissement. Mais une politique de qualité des soins sera à ce prix. Par ailleurs, pour accompagner le patient tout au long de son parcours, le rôle du médecin traitant est crucial : de l'intérêt donc de sa formation…
Que chacun puisse faire une rencontre loyale avec le cancer
C'est l'objectif du Plan cancer 1 : il faut que chaque personne touchée par la maladie puisse mettre toutes les chances de son côté et bénéficier des soins les plus adaptés. Actuellement, la guérison est obtenue dans plus de 60 % des cancers (90 % pour certaines localisations et, malheureusement, encore moins de 10 % pour d'autres comme le pancréas). On peut donc faire mieux en travaillant tous ensemble à améliorer l'information dispensée au public et aux malades, les pratiques des équipes soignantes et la coordination des moyens. Des progrès substantiels ont été déjà réalisés. La coordination des équipes est un facteur clé dans la réussite du plan. Deux personnes, Philippe Maugendre (HAS) et Christine Bara (INCa), sont d'ailleurs spécialement en charge d'optimiser le travail commun entre INCa et HAS.
Un Plan cancer 2 en préparation
Le 15 octobre, le Président Nicolas Sarkozy a confié au professeur Grünfeld, néphrologue à l'hôpital Necker-Enfants malades, une mission de réflexion sur ce sujet. Les axes forts de ce nouveau Plan seront les suivants : Retrouver l'excellence de la recherche française sur le cancer, condition de la qualité des soins qui seront prodigués dans les prochaines années. Renforcer la surveillance épidémiologique du risque de cancer. Intensifier les actions de prévention : la lutte contre le tabac et l'alcool doit être amplifiée. Permettre un égal accès à des soins de qualité pour tous, pour que tous puissent bénéficier des innovations et des technologies de pointe. Améliorer la prise en charge globale et la qualité de vie des malades.
Encore plus unis pour l'avenir
Ce nouveau Plan cancer mettra au coeur de son action la coordination de toutes les structures pour lutter contre la maladie. Ainsi, pour améliorer la performance de la recherche française, l'articulation entre l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) et l'Institut national du cancer (INCa) est décisive. Autant le dire : il n'est pas question, dans les prochaines années, que la lutte contre le cancer se fasse en ordre dispersé. Le message est clair… et il vient de haut !
INCa : l'essentiel
- 3 départements de recherche distincts : biologie du cancer, recherche clinique, sciences sociales- économie-épidémiologie- santé publique.
- En 2007-2008, 3 956 experts ont été sollicités pour évaluer 1 237 projets.
- Budget dédié aux actions de recherche : 80 millions d'euros (70 % du budget total de l'INCa)
La HAS en chiffres
- 400 collaborateurs dont la moitié issus du monde médical, plus de 3 000 experts et professionnels de santé sollicités chaque année.
- En 2007, elle a publié plus de 1 000 avis sur les médicaments, certifié près de 500 établissements de santé et émis plus de 20 recommandations pour les professionnels.
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