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Photo Art Shay
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PSYCHO
J'ai deux amours
03 Décembre 2009 par Rica Etienne
On a pour habitude de penser que la sexualité d'un couple est plus accomplie lorsque les partenaires sont amoureux. L'expérience d'Emérancia, belle chef d'entreprise de 53 ans, prouve l'inverse. Après une trajectoire sentimentale houleuse, elle aime aujourd'hui un homme avec lequel elle ne peut faire l'amour, et elle fait l'amour avec un homme qu'elle n'aime pas.
Légende photo : Ce célèbre cliché de Simone de Beauvoir pris sur le vif à Chicago en 1952 a fait couler beaucoup d'encre. Accusé par les féministes d'avoir volé cette photo, le photographe américain Art Shay s'en est défendu dans Le Nouvel Observateur. « Lorsqu'elle a entendu le déclic de l'appareil, Beauvoir m'a dit : « Vous êtes un vilain garçon » sans pour autant fermer la porte ni ne me demander d'arrêter [...]. »
Dans La Force de l'âge, Simone de Beauvoir confie : « Sartre n'avait pas la vocation de la monogamie. Entre nous, m'expliquait-il en utilisant un vocabulaire qui lui était cher,il s'agit d'un amour nécessaire : il convient que nous connaissions aussi des amours contingentes [...]. »
Antoine a été ma première grande histoire d'amour. Je l'ai passionnément aimé. Avec lui, il est vrai, sexe et sentiments se mariaient plutôt bien. À 36 ans, j'étais heureuse, j'imaginais avoir accompli mon destin de femme bercée par le rêve du prince charmant. Je pensais que cela durerait toujours. 12 ans plus tard, catastrophe ! Rupture et coeur brisé. Les hommes ont alors commencé à défiler. Je vivais dans l'illusion que mon désespoir disparaîtrait si je remplaçais Antoine. Les idylles s'enchaînaient, les béguins se tarissaient, les tocades m'étourdissaient. Je redoutais la solitude plus que tout, plus que les réveils désenchantés avec des inconnus. Pour rien au monde je n'aurais souhaité ressembler à mes amies qui s'isolaient, de tout, de tous et même du sexe. Imaginez, certaines d'entre elles n'avaient pas eu de relations charnelles depuis cinq ans. Un supplice pour moi. Au moins avais-je le regard de ces amants de passage qui m'aidait à me sentir vivante et féminine. Peu à peu, je remontais vers la surface. L'amertume disparaissait. Deux ans ont passé. Deux longues années à me rassurer. J'étais enfin prête à tourner la page.
Est alors arrivé le moment tant attendu, celui de la rencontre avec Lucas dont je suis tombée éperdument amoureuse. Oui, à 50 ans, j'étais éblouie comme une adolescente. Lucas était exactement l'homme dont n'importe quelle femme pouvait rêver, un esthète, passionnant, valorisant, prévenant, sa conversation me ravissait. Avec lui, j'atteignais un nouvel idéal. Je grimpais au septième ciel de la passion… intellectuelle. Car, physiquement, cela ne se passait pas très bien, il avait du mal à « assurer » comme on dit. Je me suis alors sentie coupable. Peut-être que je m'y prenais mal, que j'attendais trop de lui, que je l'impressionnais, que sais-je, je pensais à tout, et je pensais surtout que tout était ma faute. Néanmoins, j'avais besoin de Lucas, tout comme Lucas avait besoin de moi. Nous nous appelions plusieurs fois par jour, nous nous voyions une ou deux fois par semaine. Mais, à chaque fois, nos ébats tournaient au désastre. Enfin, c'est lui qui le pensait. Moi, j'y prenais beaucoup de plaisir. Lucas a donc renoncé à toute relation sexuelle et décidé de se placer à un autre niveau, celui de la passion intellectuelle. Il ne restait que nos baisers fiévreux pour trahir notre condition d'amants. Je l'acceptais. L'homme de ma vie, l'ange platonique de mes nuits, ce serait donc lui.
Cette étrange relation a duré trois ans… Trois ans pendant lesquels la frustration a monté, m'a possédée, poussée à aller de l'avant. Était-ce normal d'avoir ces pulsions animales, ces envies de sexe avec un autre alors que j'étais comblée par ailleurs ? Je l'ignorais.
Dans mon esprit émergeait peu à peu l'idée fixe de rencontrer un homme uniquement pour le sexe, une espèce d'étalon auquel je ne m'attacherais pas et qui me libérerait de mes démons sensuels. Les amours contingentes aurait dit Sartre à Beauvoir… Cet homme s'appelle Michel. Vous dire que sa rencontre a été un bouleversement dans ma vie sentimentale serait faux. Cependant, il a provoqué une véritable déflagration intime. À 53 ans, j'avais le sentiment de découvrir pour la première fois la quintessence du plaisir. Non qu'auparavant je n'aie jamais eu d'orgasmes, mais avec lui faire l'amour était devenu tout simplement incroyable. Une question de technique, peut-être. J'osais le guider sur la carte du tendre. Il comprenait tout. Chacune de nos relations sexuelles devenait un voyage extraordinaire. Il m'emmenait sur des chemins totalement ignorés. Il déchaînait des émois incroyables, intenses, souvent, longtemps, encore et encore… J'étais envoûtée. Avec lui, pour la première fois de mon existence, je m'abandonnais totalement. C'était réciproque, il n'avait jamais eu cette qualité de relation avec aucune femme. Pourtant, je n'aimais pas cet homme, je n'aimais pas me retrouver dans ses bras, je ne l'estimais pas. Je refusais d'aborder avec lui des sujets d'importance, de crainte peut-être de succomber à son charme.
Une fois que nous avions fait l'amour, je ne voulais plus le voir. Il avait comblé en moi une satisfaction primitive, instinctive, profondément animale. Il assouvissait un besoin venu du fond des âges. Je me retrouvais donc avec deux fulgurances, l'une sexuelle, l'autre intellectuelle, hélas non contenues dans le même homme. Pourtant, ces deux hommes m'étaient devenus absolument essentiels. Les questionnements ont alors surgi mêlant culpabilité, amertume et, paradoxalement, un pur sentiment de sérénité. Ce que je vivais là était-il une forme de bonheur et d'accomplissement ? Fallait-il renoncer au rêve de voir les deux faces de l'amour réunies en une seule ? Ma drôle d'histoire se poursuit à présent, plus apaisée. Le regard social me pèse un peu moins, l'horizon s'ouvre enfin. Au fond, est-il si important de ressembler au modèle classique de la femme amoureuse dévouée à un seul homme ? Tout cela est-il forcément gravé dans le marbre ? Au nom de quoi faudrait-il se soumettre à cette loi implicite ?
Emérancia pose la question passionnante de savoir si, finalement, on ne peut avoir énormément de plaisir qu'avec quelqu'un qu'on n'aime pas. Elle ne s'autorise à lâcher prise complètement qu'avec Michel dont le regard – ou le jugement – lui importe assez peu. Elle subit son attraction, elle succombe à son charme physique, la complicité entre eux est bien réelle, mais cela reste une belle horlogerie, une connivence charnelle sans sentiment amoureux. Tout le monde n'est pas comme Emérancia. De manière idéale, dans un couple, un homme et une femme peuvent tout à fait avoir des moments de grande tendresse et des moments de pure attraction animale. Durant ces instants de pulsion physique, il est important et même recommandé de ne pas mettre l'autre sur un piédestal sinon il deviendrait littéralement « intouchable ». C'est d'ailleurs l'un des problèmes récurrents dans certaines thérapies de couple ; à partir du moment où l'amant devient le mari, le voilà qui endosse la figure du père et devient de ce fait « non désirable » et « incestuel ». Ce problème oedipien peut aussi exister en sens inverse, la femme endossant symboliquement le rôle de la mère. Heureusement, j'insiste, dans de nombreux couples, il est possible d'aimer une même personne charnellement, affectivement, spirituellement, à condition d'alterner le sexe et le sentiment, de scinder son coeur et de ne pas imaginer inconsciemment son partenaire comme son premier objet d'amour, le parent de sexe opposé. Emérancia ne semble pas être dans une problématique oedipienne. Ou, du moins, ce sont plutôt les difficultés sexuelles de son amant Lucas qui l'incitent à se tourner vers un autre homme pour s'y retrouver. Pragmatique et lucide.
Emérancia est une femme comblée. Au plan sexuel, affectif et intellectuel, elle vit une relation idéale. Avec deux hommes. Pourquoi pas ? Quand on a 20 ans, l'amour est souvent un de ces rêves d'enfant que l'on veut réaliser adulte. L'homme aimé est censé avoir toutes les qualités dont la petite fille a doté ses parents lorsqu'elle était bébé et son père lorsqu'elle est devenue fillette. Le premier amour renferme bien souvent toutes les aspirations de l'enfant devenue adulte. Et, bien souvent, ce premier amour s'essouffle. Trop d'espoirs, trop de rêves, pas assez de souplesse, de compréhension. Trop de soi, pas assez de l'autre. Or ces amours de jeunesse nous enseignent beaucoup sur nous-mêmes. Ainsi quand arrive la maturité, après quelques essais et erreurs, chacun peut trouver la personne qui lui convient. Un homme ou une femme avec qui faire du chemin, qui permet d'être soi-même, de partager ce que l'on aime, de s'enrichir. Pour cela, il est nécessaire de faire le deuil de l'homme idéal, de l'amour idéal. Un projet à deux nécessite souvent quelques compromis, il s'agit de construire une réalité partagée, non de chercher à prolonger un rêve. Ce qu'elle n'a pas réussi à (re) trouver avec un seul homme, Emérancia le trouve avec deux. Chacun lui apporte ce qui semble manquer à l'autre. À sa façon, elle n'a pas renoncé à son idéal amoureux. Mais, comme elle est mûre et libre, elle cède sur le rêve de couple pour rester fidèle à son désir.
Dans La Force de l'âge, Simone de Beauvoir confie : « Sartre n'avait pas la vocation de la monogamie. Entre nous, m'expliquait-il en utilisant un vocabulaire qui lui était cher,il s'agit d'un amour nécessaire : il convient que nous connaissions aussi des amours contingentes [...]. »
Antoine a été ma première grande histoire d'amour. Je l'ai passionnément aimé. Avec lui, il est vrai, sexe et sentiments se mariaient plutôt bien. À 36 ans, j'étais heureuse, j'imaginais avoir accompli mon destin de femme bercée par le rêve du prince charmant. Je pensais que cela durerait toujours. 12 ans plus tard, catastrophe ! Rupture et coeur brisé. Les hommes ont alors commencé à défiler. Je vivais dans l'illusion que mon désespoir disparaîtrait si je remplaçais Antoine. Les idylles s'enchaînaient, les béguins se tarissaient, les tocades m'étourdissaient. Je redoutais la solitude plus que tout, plus que les réveils désenchantés avec des inconnus. Pour rien au monde je n'aurais souhaité ressembler à mes amies qui s'isolaient, de tout, de tous et même du sexe. Imaginez, certaines d'entre elles n'avaient pas eu de relations charnelles depuis cinq ans. Un supplice pour moi. Au moins avais-je le regard de ces amants de passage qui m'aidait à me sentir vivante et féminine. Peu à peu, je remontais vers la surface. L'amertume disparaissait. Deux ans ont passé. Deux longues années à me rassurer. J'étais enfin prête à tourner la page.
Est alors arrivé le moment tant attendu, celui de la rencontre avec Lucas dont je suis tombée éperdument amoureuse. Oui, à 50 ans, j'étais éblouie comme une adolescente. Lucas était exactement l'homme dont n'importe quelle femme pouvait rêver, un esthète, passionnant, valorisant, prévenant, sa conversation me ravissait. Avec lui, j'atteignais un nouvel idéal. Je grimpais au septième ciel de la passion… intellectuelle. Car, physiquement, cela ne se passait pas très bien, il avait du mal à « assurer » comme on dit. Je me suis alors sentie coupable. Peut-être que je m'y prenais mal, que j'attendais trop de lui, que je l'impressionnais, que sais-je, je pensais à tout, et je pensais surtout que tout était ma faute. Néanmoins, j'avais besoin de Lucas, tout comme Lucas avait besoin de moi. Nous nous appelions plusieurs fois par jour, nous nous voyions une ou deux fois par semaine. Mais, à chaque fois, nos ébats tournaient au désastre. Enfin, c'est lui qui le pensait. Moi, j'y prenais beaucoup de plaisir. Lucas a donc renoncé à toute relation sexuelle et décidé de se placer à un autre niveau, celui de la passion intellectuelle. Il ne restait que nos baisers fiévreux pour trahir notre condition d'amants. Je l'acceptais. L'homme de ma vie, l'ange platonique de mes nuits, ce serait donc lui.
Cette étrange relation a duré trois ans… Trois ans pendant lesquels la frustration a monté, m'a possédée, poussée à aller de l'avant. Était-ce normal d'avoir ces pulsions animales, ces envies de sexe avec un autre alors que j'étais comblée par ailleurs ? Je l'ignorais.
Dans mon esprit émergeait peu à peu l'idée fixe de rencontrer un homme uniquement pour le sexe, une espèce d'étalon auquel je ne m'attacherais pas et qui me libérerait de mes démons sensuels. Les amours contingentes aurait dit Sartre à Beauvoir… Cet homme s'appelle Michel. Vous dire que sa rencontre a été un bouleversement dans ma vie sentimentale serait faux. Cependant, il a provoqué une véritable déflagration intime. À 53 ans, j'avais le sentiment de découvrir pour la première fois la quintessence du plaisir. Non qu'auparavant je n'aie jamais eu d'orgasmes, mais avec lui faire l'amour était devenu tout simplement incroyable. Une question de technique, peut-être. J'osais le guider sur la carte du tendre. Il comprenait tout. Chacune de nos relations sexuelles devenait un voyage extraordinaire. Il m'emmenait sur des chemins totalement ignorés. Il déchaînait des émois incroyables, intenses, souvent, longtemps, encore et encore… J'étais envoûtée. Avec lui, pour la première fois de mon existence, je m'abandonnais totalement. C'était réciproque, il n'avait jamais eu cette qualité de relation avec aucune femme. Pourtant, je n'aimais pas cet homme, je n'aimais pas me retrouver dans ses bras, je ne l'estimais pas. Je refusais d'aborder avec lui des sujets d'importance, de crainte peut-être de succomber à son charme.
Une fois que nous avions fait l'amour, je ne voulais plus le voir. Il avait comblé en moi une satisfaction primitive, instinctive, profondément animale. Il assouvissait un besoin venu du fond des âges. Je me retrouvais donc avec deux fulgurances, l'une sexuelle, l'autre intellectuelle, hélas non contenues dans le même homme. Pourtant, ces deux hommes m'étaient devenus absolument essentiels. Les questionnements ont alors surgi mêlant culpabilité, amertume et, paradoxalement, un pur sentiment de sérénité. Ce que je vivais là était-il une forme de bonheur et d'accomplissement ? Fallait-il renoncer au rêve de voir les deux faces de l'amour réunies en une seule ? Ma drôle d'histoire se poursuit à présent, plus apaisée. Le regard social me pèse un peu moins, l'horizon s'ouvre enfin. Au fond, est-il si important de ressembler au modèle classique de la femme amoureuse dévouée à un seul homme ? Tout cela est-il forcément gravé dans le marbre ? Au nom de quoi faudrait-il se soumettre à cette loi implicite ?
Au fond, est-il si important de ressembler au modèle classique de la femme amoureuse dévouée à un seul homme ?
Le point de vue du gynécologue et psychosomaticien Sylvain Mimoun, co-auteur de Sexe et sentiments, version femme/homme, éditions Albin Michel, 2009.
Emérancia pose la question passionnante de savoir si, finalement, on ne peut avoir énormément de plaisir qu'avec quelqu'un qu'on n'aime pas. Elle ne s'autorise à lâcher prise complètement qu'avec Michel dont le regard – ou le jugement – lui importe assez peu. Elle subit son attraction, elle succombe à son charme physique, la complicité entre eux est bien réelle, mais cela reste une belle horlogerie, une connivence charnelle sans sentiment amoureux. Tout le monde n'est pas comme Emérancia. De manière idéale, dans un couple, un homme et une femme peuvent tout à fait avoir des moments de grande tendresse et des moments de pure attraction animale. Durant ces instants de pulsion physique, il est important et même recommandé de ne pas mettre l'autre sur un piédestal sinon il deviendrait littéralement « intouchable ». C'est d'ailleurs l'un des problèmes récurrents dans certaines thérapies de couple ; à partir du moment où l'amant devient le mari, le voilà qui endosse la figure du père et devient de ce fait « non désirable » et « incestuel ». Ce problème oedipien peut aussi exister en sens inverse, la femme endossant symboliquement le rôle de la mère. Heureusement, j'insiste, dans de nombreux couples, il est possible d'aimer une même personne charnellement, affectivement, spirituellement, à condition d'alterner le sexe et le sentiment, de scinder son coeur et de ne pas imaginer inconsciemment son partenaire comme son premier objet d'amour, le parent de sexe opposé. Emérancia ne semble pas être dans une problématique oedipienne. Ou, du moins, ce sont plutôt les difficultés sexuelles de son amant Lucas qui l'incitent à se tourner vers un autre homme pour s'y retrouver. Pragmatique et lucide.
Le point de vue de la psychologue Maryse Vaillant, auteur de Les hommes, l'amour, la fidélité, éditions Albin Michel, 2009.
Emérancia est une femme comblée. Au plan sexuel, affectif et intellectuel, elle vit une relation idéale. Avec deux hommes. Pourquoi pas ? Quand on a 20 ans, l'amour est souvent un de ces rêves d'enfant que l'on veut réaliser adulte. L'homme aimé est censé avoir toutes les qualités dont la petite fille a doté ses parents lorsqu'elle était bébé et son père lorsqu'elle est devenue fillette. Le premier amour renferme bien souvent toutes les aspirations de l'enfant devenue adulte. Et, bien souvent, ce premier amour s'essouffle. Trop d'espoirs, trop de rêves, pas assez de souplesse, de compréhension. Trop de soi, pas assez de l'autre. Or ces amours de jeunesse nous enseignent beaucoup sur nous-mêmes. Ainsi quand arrive la maturité, après quelques essais et erreurs, chacun peut trouver la personne qui lui convient. Un homme ou une femme avec qui faire du chemin, qui permet d'être soi-même, de partager ce que l'on aime, de s'enrichir. Pour cela, il est nécessaire de faire le deuil de l'homme idéal, de l'amour idéal. Un projet à deux nécessite souvent quelques compromis, il s'agit de construire une réalité partagée, non de chercher à prolonger un rêve. Ce qu'elle n'a pas réussi à (re) trouver avec un seul homme, Emérancia le trouve avec deux. Chacun lui apporte ce qui semble manquer à l'autre. À sa façon, elle n'a pas renoncé à son idéal amoureux. Mais, comme elle est mûre et libre, elle cède sur le rêve de couple pour rester fidèle à son désir.
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