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Photo © Serge Cannasse
SANTÉ
Quand Sciences Po s'ouvre au grand public
18 Septembre 2008 par Marie Simond
Didier Tabuteau, responsable de la chaire santé de Sciences Po, a créé en 2007 les Tribunes de la santé, à destination du grand public. Pourquoi avoir ouvert à tous, le temps de conférences, le célèbre Institut de la rue Saint-Guillaume ? Nous l'avons rencontré.
Outre le débat récurrent sur la persistance et le financement des déficits, la santé est, après l'éducation et l'emploi, l'un des sujets d'intérêt majeurs des Français. D'ici 2040, les dépenses de santé devraient augmenter de près de 50 % pour représenter 15 % de l'activité nationale.
« Avec le vieillissement de la population, les progrès scientifiques qui permettent de détecter des maladies de plus en plus tôt, et donc de mieux les prendre en charge, les défis de la bioéthique et les crises sanitaires, les questions de santé vont devenir prioritaires », souligne Didier Tabuteau.
Pourtant, la santé demeure la grande absente du débat politique. « Je suis frappé de constater à quel point tous les Français se sentent concernés par le sujet, alors même que les politiques ne s'en emparent pas. »
C'est pourquoi Sciences Po, dans le cadre de sa chaire santé, a décidé de créer en 2007 les Tribunes de la santé et de les ouvrir au grand public. L'objectif : participer à la création et au développement d'un véritable espace de réflexion sur les questions de santé. « Nous nous sommes inspirés du modèle des tribunes antiques avec un choix de thèmes suffisamment large pour qu'elles soient accessibles à tous, une place importante étant laissée au débat public. »
Ces Tribunes accueillent, une fois par mois, de grands témoins. Des personnalités françaises et internationales qui ont toutes une forte légitimité en la matière, que ce soient des politiques, des experts ou des scientifiques éminents. Les sujets peuvent être généraux comme « La presse et la santé » avec Jean-Marie Colombani, ancien directeur du Monde, ou très pointus comme « La sociologie du microbe » abordée par l'anthropologue Bruno Latour.
Didier Tabuteau est conseiller d'État, ancien chef de cabinet de Bernard Kouchner et rédacteur de la loi sur le droit des malades de mars 2002.
Le 9 octobre 2008, « La génétique, scénario pour une crise » avec Axel Kahn, président de l'université Paris Descartes. Le 27 novembre 2008, « Gestion d'une crise sanitaire, l'exemple du chikungunya » par Antoine Flahault, directeur de l'École des hautes études en santé publique (EHESP).
Conférences gratuites et libres d'accès dans la limite des places disponibles. Renseignements et inscription sur le site : www.chairesante.sciences-po.fr
De 19 h 15 à 21 h, 27, rue Saint-Guillaume, Paris 7e.
Des séminaires réservés à un public plus averti sont proposés sous forme de 6 à 8 séances de deux heures étalées sur 8 mois. Différents colloques sont également organisés dans l'année autour de problématiques majeures du système de santé. La chaire mène aussi un travail de prospective sur ce que pourraient être les enjeux de la santé à l'horizon 2020. Ces diverses activités donnent lieu à la rédaction d'ouvrages, mis à la disposition du public, dont la revue Sève, les Tribunes de la santé, qui paraît chaque trimestre.
« Avec le vieillissement de la population, les progrès scientifiques qui permettent de détecter des maladies de plus en plus tôt, et donc de mieux les prendre en charge, les défis de la bioéthique et les crises sanitaires, les questions de santé vont devenir prioritaires », souligne Didier Tabuteau.
Pourtant, la santé demeure la grande absente du débat politique. « Je suis frappé de constater à quel point tous les Français se sentent concernés par le sujet, alors même que les politiques ne s'en emparent pas. »
Un sondage réalisé par la Commission européenne révèle que
80% des Français considèrent que la place réservée à la santé dans les débats électoraux est insuffisante contre 33% au Royaume-Uni et 40% en Allemagne.
C'est pourquoi Sciences Po, dans le cadre de sa chaire santé, a décidé de créer en 2007 les Tribunes de la santé et de les ouvrir au grand public. L'objectif : participer à la création et au développement d'un véritable espace de réflexion sur les questions de santé. « Nous nous sommes inspirés du modèle des tribunes antiques avec un choix de thèmes suffisamment large pour qu'elles soient accessibles à tous, une place importante étant laissée au débat public. »
Ces Tribunes accueillent, une fois par mois, de grands témoins. Des personnalités françaises et internationales qui ont toutes une forte légitimité en la matière, que ce soient des politiques, des experts ou des scientifiques éminents. Les sujets peuvent être généraux comme « La presse et la santé » avec Jean-Marie Colombani, ancien directeur du Monde, ou très pointus comme « La sociologie du microbe » abordée par l'anthropologue Bruno Latour.
Didier Tabuteau est conseiller d'État, ancien chef de cabinet de Bernard Kouchner et rédacteur de la loi sur le droit des malades de mars 2002.
LE PROGRAMME
Le 9 octobre 2008, « La génétique, scénario pour une crise » avec Axel Kahn, président de l'université Paris Descartes. Le 27 novembre 2008, « Gestion d'une crise sanitaire, l'exemple du chikungunya » par Antoine Flahault, directeur de l'École des hautes études en santé publique (EHESP).
Conférences gratuites et libres d'accès dans la limite des places disponibles. Renseignements et inscription sur le site : www.chairesante.sciences-po.fr
De 19 h 15 à 21 h, 27, rue Saint-Guillaume, Paris 7e.
ET AUSSI
Des séminaires réservés à un public plus averti sont proposés sous forme de 6 à 8 séances de deux heures étalées sur 8 mois. Différents colloques sont également organisés dans l'année autour de problématiques majeures du système de santé. La chaire mène aussi un travail de prospective sur ce que pourraient être les enjeux de la santé à l'horizon 2020. Ces diverses activités donnent lieu à la rédaction d'ouvrages, mis à la disposition du public, dont la revue Sève, les Tribunes de la santé, qui paraît chaque trimestre.
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