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Photo Stéphane de Bourgies
SANTÉ
Bis repetita non placent*
27 Octobre 2009 par Juliette Dubar
*La récidive ne fait pas plaisir. Je commençais à poser le pied hors du lit avec la démarche chancelante de Bambi quand le funambule est retombé… Mes analyses n'étaient pas bonnes.
On allait reprendre un an de ma vie avec le calendrier trop connu des prises de sang, hosto, perfusions et autres « joyeusetés ». Certes, on a, cette fois, poussé les investigations jusqu'à la science-fiction avec une incursion dans la médecine nucléaire et des scanners qui m'ont fait phosphorer le ventre sans me rendre forcément (radio)active. J'ai raté tous mes examens… sanguins et si j'ignore les subtiles combinaisons des leucocytes ou lymphocytes, mon incapacité à atteindre les moyennes désirées
a conduit à la punition générale. Pour une affection localisée abdominale, la chimio diffuse son « napalm » dans tout le corps. Une potion qui dévaste les cheveux, les veines et… l'entrain ne peut pas être neutre. Pour me remettre en selle, on m'a alors concédé des piqûres d'EPO, puissant dopant interdit au quidam. Un « pot belge » qui aurait pu me faire gagner le Tour de France si je n'avais eu d'autres pelotons à rattraper.
Moi qui me suis longtemps efforcée d'avoir du coeur, de l'esprit, voire une belle plastique, me voici soudainement affublée d'un organisme avec vessie ou côlon aux perspectives nauséabondes. Quand on est pudique, on craint toujours l'humiliation des images subliminales. Qui veut faire l'ange fait la bête… Il n'empêche, même si le caractère asexué du premier m'a toujours ennuyée, les réalités de la seconde ne m'attirent guère. Je me veux malade jolie et tant pis si la coquetterie devrait être le cadet de mes soucis. Le futile est un refuge quand l'essentiel est insupportable.
Je me veux malade jolie et tant pis si la coquetterie devrait être le cadet de mes soucis. Le futile est un refuge quand l'essentiel est insupportable...
Tentée souvent de brandir le drapeau blanc. Pouce ! Je ne veux pas d'une victoire à n'importe quel prix ni de ces bourrades façon « copains de régiment ». Ces Diafoirus m'expliquent d'un air docte que seul le moral sauve… Comme s'il suffisait d'y croire pour renoncer à mon gentil médecin qui ne dit pas « tumeurs » pour que je n'entende pas « tu meurs »… La fatigue m'oblige à réviser mes activités à la baisse, contrainte de hiérarchiser les bonheurs sur mes 5 heures d'autonomie quotidienne. Je fais assez bien semblant, avec ma « bonne voix », pour vous répondre au téléphone, taire aussi que votre santé me semble « insolente » quand j'essaie d'apprivoiser des peurs légitimes. Si on est riche de ses amis, je paie volontiers mon Impôt sur la Très Grande Fortune de vous connaître, vous, ma garde rapprochée qui respectez si bien mes angoisses et mes rêves. Dans ce trop long tunnel, vous allumez les petites lumières qui me font avancer. Merci d'échafauder des projets fous ou de croire en nos croisières. Je ne sais pas ce que l'Avenir me réserve, alors je veux voir dans le Présent un synonyme de « cadeau ».
Chaque étape révèle ses embûches
Moi qui me suis longtemps efforcée d'avoir du coeur, de l'esprit, voire une belle plastique, me voici soudainement affublée d'un organisme avec vessie ou côlon aux perspectives nauséabondes. Quand on est pudique, on craint toujours l'humiliation des images subliminales. Qui veut faire l'ange fait la bête… Il n'empêche, même si le caractère asexué du premier m'a toujours ennuyée, les réalités de la seconde ne m'attirent guère. Je me veux malade jolie et tant pis si la coquetterie devrait être le cadet de mes soucis. Le futile est un refuge quand l'essentiel est insupportable.
Je me veux malade jolie et tant pis si la coquetterie devrait être le cadet de mes soucis. Le futile est un refuge quand l'essentiel est insupportable...
Dans ce combat à la déloyale, je suis épuisée
Tentée souvent de brandir le drapeau blanc. Pouce ! Je ne veux pas d'une victoire à n'importe quel prix ni de ces bourrades façon « copains de régiment ». Ces Diafoirus m'expliquent d'un air docte que seul le moral sauve… Comme s'il suffisait d'y croire pour renoncer à mon gentil médecin qui ne dit pas « tumeurs » pour que je n'entende pas « tu meurs »… La fatigue m'oblige à réviser mes activités à la baisse, contrainte de hiérarchiser les bonheurs sur mes 5 heures d'autonomie quotidienne. Je fais assez bien semblant, avec ma « bonne voix », pour vous répondre au téléphone, taire aussi que votre santé me semble « insolente » quand j'essaie d'apprivoiser des peurs légitimes. Si on est riche de ses amis, je paie volontiers mon Impôt sur la Très Grande Fortune de vous connaître, vous, ma garde rapprochée qui respectez si bien mes angoisses et mes rêves. Dans ce trop long tunnel, vous allumez les petites lumières qui me font avancer. Merci d'échafauder des projets fous ou de croire en nos croisières. Je ne sais pas ce que l'Avenir me réserve, alors je veux voir dans le Présent un synonyme de « cadeau ».
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