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Photo © 2009 Masterfile Corporation - Medioimages/gettyimages

SANTÉ

Contraception faites le bon choix

09 Juillet 2009 par Marie-Anne Garcia-Bour

Changement de lieu et d'habitudes, décalage horaire, nouvelles rencontres, les vacances sont peut-être le moment de repenser la vôtre. Quelle que soit la méthode choisie, n'oubliez pas de l'associer au préservatif.

 

Si la France est le pays d'Europe de l'ouest qui dispose de la plus grande variété de moyens de contraception, elle est aussi le pays où le nombre d'interruptions volontaires de grossesse est le plus élevé (200 000 par an) : 2/3 d'entre elles ont lieu chez des femmes qui utilisent une méthode de contraception efficace. Le manque d'information, l'oubli et l'abandon sont responsables de grossesses non désirées. Pendant les vacances donc, on reste vigilante. Enfin, on ne le redira jamais assez, attention aux rencontres estivales !

 

L'implant

450 000 Françaises environ utilisent cette contraception efficace à presque 100 %. Ce petit bâtonnet de plastique de la taille d'une allumette est chargé de progestatifs qui vont se diffuser très lentement pendant trois ans. Le gynécologue le pose sous la peau de la face interne du bras lors d'une légère anesthésie locale au cabinet. L'implant ainsi posé se fait totalement oublier. Il peut, bien sûr, être retiré à tout moment en cabinet. Il s'adresse à toutes les femmes, et en particulier aux femmes pour qui 
les oestro-progestatifs comme la pilule sont contre-indiqués ou déconseillés : antécédents de cancer du sein, d'embolie pulmonaire, 
anomalies du facteur de coagulation, syndrome métabolique (cholestérol, diabète, tension, surpoids) ou encore troubles veineux (risque de phlébite). Le prix : 125 € remboursés à 65 %.
Les plus : Avantage ou inconvénient selon les femmes, l'absence d'oestrogènes supprime les règles pendant la durée de l'implant.
Les moins : Certaines femmes peuvent souffrir de saignements intempestifs très gênants. Cette contraception ne leur convient pas et doit être enlevée. Des poussées d'acné et une prise de poids sont également possibles.

 

Le stérilet

Peu de femmes savent que leur gynécologue peut leur poser en cabinet un petit stérilet, dit « short », même si elles n'ont pas eu d'enfant. Un traitement préalable léger, pris trois heures plus tôt, dilate le col et permet la pose. Le prix : environ 30 € remboursés à 65 %.
Les plus : Cette contraception supprime toute exposition hormonale. Elle dure cinq ans.
Les moins : On la propose surtout aux femmes qui ont une vie affective stable, car elle ne protège pas des IST, lesquelles, avec un stérilet, peuvent se propager plus rapidement au niveau de l'utérus et par conséquent provoquer une stérilité.

 

 

L'anneau

Il fonctionne comme une pilule et présente les mêmes contre-indications. Souple et doux au toucher, ce petit anneau 
de plastique translucide de 54 mm de diamètre sur 4 mm de section s'introduit facilement dans le vagin et délivre en continu un oestro-progestatif pendant 3 semaines. On le retire une semaine, et les règles surviennent. Après ces 7 jours d'arrêt, on remet un nouvel anneau pour 3 semaines. Impossible qu'il traverse le col de l'utérus, il reste contre la paroi vaginale.
On ne risque pas non plus de le perdre. Le prix : 45 € non remboursés.
Les plus : L'anneau est très faiblement dosé en hormones. C'est une contraception pratique en cas de décalage 
horaire. Contrairement à la pilule, il reste efficace lors de vomissements et de diarrhée.
Les moins : Il peut être gênant pendant le rapport sexuel.

 

J'ai testé le patch et l'anneau
« Pour ma première contraception, raconte Aurélie, 19 ans, ma gynéco m'avait conseillé et montré l'anneau. Mais il était encore dans son emballage et ne me faisait pas envie. Du coup, j'ai choisi le patch, mais à la plage, il se décollait quand je me baignais beaucoup. À la rentrée suivante, j'ai adopté l'anneau que je trouve pratique et discret. Une fois posé, je n'y pense plus pendant trois semaines. Mon copain aime bien (rires). En tout cas, l'anneau est lubrifiant. Ma gynéco m'a expliqué que les oestrogènes déposés localement augmentent les sécrétions vaginales. »

 

Le patch

Ce petit carré autocollant s'applique sur le ventre, les fesses ou le dos (on change d'endroit chaque semaine) et résiste au savonnage, aux bains de mer et aux ébats torrides. Fonctionnant comme une pilule, avec les mêmes contre-indications, il diffuse un oestro-progestatif. Il suffit de le changer une fois par semaine pendant trois semaines avec une marge de protection de deux jours en cas d'oubli. Repos la quatrième semaine, pour la venue des règles, et on recommence. Le prix : 45 € non remboursés. 
Les plus : Une contraception hebdomadaire qui évite de prendre un comprimé tous les jours. Une diminution des 
problèmes digestifs rencontrés par certaines femmes sous pilule.
Les moins : Il peut se décoller. Le dosage hormonal supérieur à celui des pilules favoriserait les migraines, les nausées et les gonflements des seins.

 

La pilule : quoi de neuf ?

Sa faiblesse est aussi sa qualité. On la prend facilement. Elle est efficace immédiatement si on commence le premier jour des règles. On l'arrête aussi facilement. Mais on peut l'oublier ou décider de ne plus la prendre et rencontrer justement quelqu'un ! Pour lutter contre les oublis, il existe des pilules qui se prennent en continu : on enchaîne les 28 comprimés sans arrêt entre chaque plaquette. Les règles interviendront néanmoins en fin de plaquette. Notez l'efficacité de la nouvelle pilule micropro-
gestative lorsque les oestro-progestatifs sont contre-indiqués. Elle peut, dans certains cas, stopper les règles. Décalage horaire ? La plupart des pilules ont 12 heures de battement. On peut donc facilement se caler sur l'horaire du pays où l'on voyage. N'oubliez pas d'en reprendre une en cas de vomissements ou de turista sévère dans les 4 heures qui suivent la première prise.

 

De multiples bénéfices
La prescription d'un moyen contraceptif exige une consultation médicale (médecin généraliste, gynécologue) au cours de laquelle le praticien peut déceler certaines contre-indications. En plus d'éviter une grossesse, la pilule, de mieux en mieux tolérée, réduit la fréquence 
des infections génitales, y compris des trompes donc le risque d'infertilité ultérieure. Elle diminue l'abondance des saignements et les douleurs pendant les règles dont souffre une adolescente sur deux et améliore l'acné et l'hyper pilosité. Elle joue aussi un rôle bénéfique sur les kystes de l'ovaire et certains fibromes. Les pilules dites combinées peuvent réduire le risque de certains cancers. « On invoque parfois l'augmentation du risque de cancer du sein ou du col de l'utérus, constate le Dr Brigitte Letombe*. Mais on ne dit pas assez que certaines pilules peuvent réduire le risque de cancer de l'ovaire d'environ 40 %. Et ce pendant trente ans après l'arrêt du traitement. De même, la pilule divise par deux le risque de cancer colorectal et de l'endomètre. »
* Présidente de la Fédération nationale de gynécologie médicale.

Françoise Condat

 

 

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