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SANTÉ
Demain, tous allergiques ?
30 Juin 2010 par Suzanne Kanou
Aujourd'hui, les allergies respiratoires, rhinite et asthme allergique, touchent 20 à 30 % de la population. En 1968, ce taux était inférieur à 4 %. Une augmentation phénoménale en 40 ans qui ne semble pas prêt de ralentir car, si l'on en croit les experts internationaux, un Européen sur deux sera allergique d'ici 2020.
Des causes multiples
Pourquoi une telle augmentation ? On sait que le principal facteur de risque favorisant le développement d'une allergie est l'existence d'une prédisposition familiale. Ainsi, le risque de devenir allergique est de 80 % si les deux parents sont atteints de la même affection, de 40 à 60 % si les deux parents sont atteints d'allergies différentes, de 20 à 40 % si seul l'un des parents est concerné. Il n'est que de 5 à 15 % si aucun des parents n'est atteint. Mais la génétique est loin de tout expliquer. Acariens, virus, tabagisme interviennent aussi, tout comme la pollution et vraisemblablement la qualité de notre alimentation.
Un système immunitaire trop peu sollicité
«En fait, même si les mécanismes précis de cette augmentation ne sont pas encore clairement établis, il faut les chercher du côté des modifications de notre environnement», précise le professeur Paul Van Cauwenberge, coordinateur du projet Ga2LEN. Ce projet, financé par la Commission européenne, mobilise des chercheurs de 25 centres européens pour lutter contre cet inquiétant problème de santé publique. La principale cause avancée pour expliquer ce phénomène repose sur l'hypothèse hygiéniste. Nos vies de plus en plus aseptisées qui tendent vers le «zéro germe» ne nous permettent plus d'être en contact avec virus et bactéries. Et notre système immunitaire, non stimulé, est ensuite mis à l'épreuve de manière exacerbée face à la multiplicité des allergènes que nous croisons dans notre vie quotidienne.
Les enfants sont les premiers touchés
Face à ces agressions, les premières victimes sont les enfants. L'étude ISAAC, l'un des plus vastes programmes de surveillance épidémiologique de l'asthme des enfants menée auprès de 500 000 d'entre eux, a montré qu'en 10 ans les allergies infantiles avaient explosé dans les grandes villes. «De plus, ces allergies sont souvent diagnostiquées trop tard, après des mois voire des années d'évolution», signale l'Association française de prévention de l'allergie. Mais ce n'est pas là une particularité hexagonale car, il y a 5 ans déjà, une campagne pour le diagnostic précoce de l'allergie chez les enfants avait été lancée par l'association européenne des médecins allergologues (EACCI). Le 23 mars dernier, la 4e journée française de l'allergie était d'ailleurs consacrée à l'enfant autour du thème : «Ne laissez pas les allergies lui compliquer la vie». En effet, l'impact de ces affections peut être très contraignant et même handicapant pour l'enfant. Afin d'améliorer son quotidien en cas d'allergie diagnostiquée, il est important de faire un ménage régulier, d'aérer quotidiennement la maison d'où tabac, animaux et plantes vertes auront été bannis. Des mesures qui sont bien sûr également valables pour les adultes allergiques.
L'allergie, génératrice de tensions familiales
Au-delà des répercussions sur la qualité de vie des personnes atteintes, une enquête récente vient de révéler que les tensions familiales sont aussi au rendez-vous. Pour la première fois, l'enquête du Comité français des allergies a révélé que si la quasi-totalité des familles interrogées pense faire preuve d'empathie pour le parent allergique, celui-ci se sent incompris par son entourage dans un cas sur trois. Cette enquête démontre aussi que la personne allergique est souvent irritable, ce qui constitue un facteur de réelle tension familiale dans 19 % des cas. Évidemment, plus l'allergie est sévère, plus l'impact est important : 14 % des familles sont concernées quand les symptômes sont légers, tandis que 40 % le sont en cas de rhinite sévère. Et si près de la moitié des sujets atteints manquent de sommeil, 30 % des proches dorment mal car ils sont réveillés par leurs ronflements…
Un diagnostic rodé
Mais il est heureusement possible d'agir. La démarche en allergologie est aujourd'hui très bien standardisée. Après un questionnaire minutieux destiné à préciser les circonstances d'apparition des symptômes (à l'extérieur, au domicile, à tel moment de la journée), leur description, leur ancienneté, les antécédents familiaux, le mode et lieu de vie, les éventuelles pathologies associées, l'allergologue procédera à des tests destinés à vérifier la nature de l'allergène ou des allergènes incriminés. Contrairement à une idée reçue, le diagnostic de l'allergie est réalisable dès le plus jeune âge. En effet, ces tests cutanés (dits aussi prick tests et patch tests) sont réalisables dès les premiers mois de vie. Des gouttes d'allergènes et de substances neutres sont déposées sur l'avant-bras par une microscopique piqûre. 20 minutes plus tard, le médecin observe et compare les manifestations cutanées. Des dosages sanguins peuvent aussi être demandés.
Soigner et prévenir
Ensuite, selon les cas, l'allergène identifié est à proscrire, et des médicaments (anti-histaminiques, bronchodilatateurs, corticoïdes) sont prescrits. Ils agiront immédiatement pour soulager les symp-tômes. Enfin, la désensibilisation est possible à tout âge et dès 5 ans. Elle doit en général commencer avant la saison des pollens et durer entre trois et cinq ans. Bonne nouvelle, elle ne s'effectue plus systématiquement par des injections. Des formes orales, (gouttes)sont disponibles. Un comprimé sera bientôt sur le marché en France. La désensibilisation est le seul traitement capable de modifier l'histoire de l'allergie. Mais au-delà de l'aspect curatif, l'immunothérapie a également un effet préventif essentiel : elle peut éviter l'apparition d'autres allergies et prévient l'évolution de la rhinite vers l'asthme allergique.Légende : Exposition inédite de dessins d'enfants «Dessine-moi ton allergie».
Ci-dessus le dessin de Vanessa.www.dessinemoitonallergie.com
Les signes qui doivent conduire à consulter
• Une toux persistante nocturne.• Un eczéma.
• Des larmoiements.
• Un nez qui coule.
• Des éternuements.
• Des bronchiolites répétées (chez l'enfant).
Si j'étais atteint d'une rhinite allergique…
>Je serais une femme.
>J'aurais entre 25 et 34 ans.
>Je vivrais dans une agglomération de province.
>Je serais allergique depuis plus de 9 ans.
>J'aurais 6 épisodes de rhinite allergique par an.
>Ces épisodes dureraient à chaque fois une quinzaine de jours.
>Ma rhinite serait diagnostiquée par le pharmacien ou par moi-même.
>Au travail, j'aurais des maux de tête et je manquerais d'énergie.
>J'aurais une mauvaise qualité de sommeil et des difficultés à m'endormir.
>Je me soignerais surtout par automédication.
>Au fil du temps, mon état ne s'améliorerait pas.
Source CFOA
Un nouveau geste de prévention
Éternuements, nez qui coule, larmoiements… Les symptômes de la rhinite allergique touchent environ 15,6 millions de personnes en France. Des traitements existent mais, pour limiter la réaction, le premier geste est d'éviter le contact avec l'allergène. Un spray est désormais disponible en pharmacies*. À base de cellulose, il agit en tapissant les fosses nasales et permet de filtrer les allergènes sans gêner la respiration. Spray nasal allergies, dans les pharmacies du Groupe PHR, 8,90 à 9,90 € le flacon de 500 ml.
*Plus d'infos sur www.viadys.fr et www.pharmareference.fr.
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