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SANTÉ
L'allergie de A à Z
15 Décembre 2011 par Ghislaine Andréani
L'allergie touche un tiers de la population française et devrait atteindre d'ici peu une personne sur deux selon l'Organisation mondiale de la santé, une raison suffisante pour s'informer. Voici un petit abécédaire afin de mieux appréhender cette épidémie moderne.
A comme Allergie, Allergène, Anticorps
L'allergie est une réaction anormale de l'organisme au contact d'une substance étrangère (allergène) qui peut être inhalée, avalée, injectée ou touchée. Cette réaction met en jeu le système immunitaire et se traduit par la production excessive d'anticorps. Les allergènes sont des substances naturelles, inoffensives pour l'organisme humain mais capables de provoquer des réactions inadaptées, excessives et pathologiques chez les allergiques. En cause: les pollens des arbres (cyprès, bouleau, frêne, peuplier) de février à mai, les graminées de mai à juillet, les herbacées de juillet à octobre. Autres substances allergisantes: les animaux (cheval, chat). La poussière (moisissures, acariens). Le nickel présent dans les bijoux fantaisie, les piercings, les pièces de monnaie, les aliments : oeuf, fruits, oléagineux, ombellifères (persil, fenouil, céleri, carotte), fruits de mer, crustacés et poissons.B comme Bronchodilatateur
Cette substance provoque le relâchement des fibres musculaires bronchiques et la dilatation des bronches (augmentation du diamètre). Son rôle: diminuer la gêne respiratoire au cours de crises d'asthme.C comme Croisées (allergies)
Lorsqu'un aliment contient une protéine semblable à celle d'un allergène ou qui lui ressemble par sa structure moléculaire, les anticorps spécifiques de cet allergène peuvent se mettre en action. Ainsi lorsqu'on est allergique à un aliment, on l'est souvent à d'autres de la même famille. Une personne allergique aux amandes peut l'être aux noix, noisettes, pistaches qui appartiennent à la famille des oléagineux. Il en est de même avec les légumineuses (soja, pois, haricots, lentilles) et certains fruits comme l'abricot, la cerise, la pêche, la poire ou la prune. Aujourd'hui, les allergies croisées sont de plus en plus fréquentes. La moitié des personnes allergiques, par exemple, aux pollens de bouleau, d'aulne présentent aussi des réactions à la pomme, la pêche et la noisette.D comme Désensibilisation
L'immunothérapie spécifique (ITS) est le procédé par lequel on arrive à prévenir et à soigner l'allergie. L'objectif est d'habituer progressivement l'organisme à des doses croissantes d'allergène afin de créer une tolérance. Ce traitement peut être administré sous deux formes. La voie sous-cutanée (injections du vaccin allergénique en doses croissantes pendant une durée maximale de 3 mois). La voie sublinguale (gouttes ou comprimés) à faire fondre pendant 2 minutes sous la langue pendant une dizaine de jours. Pour être efficace le traitement nécessite de la rigueur. La durée optimale d'une désensibilisation est de 3 à 5 ans, mais dès la première année l'allergie s'atténue.E comme Éviction
Elle consiste à supprimer le contact avec l'allergène responsable. C'est possible pour les animaux, la poussière, les substances médicamenteuses (aspirine, pénicilline), mais difficilement réalisable pour les pollens par exemple. Cependant, concernant les animaux, des études semblent démentir cette règle. Les côtoyer pourrait induire une tolérance. Les enfants de fermiers sont moins allergiques que ceux des villes car les fermes regorgent de bactéries. Celles-ci contiennent des endotoxines qui déclenchent des crises d'asthme si on les inhale. Les rencontrer tôt agirait comme un désensibilisant naturel. Toutefois, avant confirmation, la prudence est de rigueur.F comme Fausse allergie
Manifestation symptomatique analogue à une manifestation allergique, mais ne mettant pas en jeu une réaction immunologique avec production d'anticorps IgE. Seul l'allergologue est à même de différencier ce type de symptôme.G comme Granulation
Lieu de stockage des médiateurs de l'allergie. Les médiateurs sont des substances chimiques, comme l'histamine, libérées sous l'influence de la rencontre antigène-anticorps.H comme Hérédité
Il existe une prédisposition génétique à l'allergie mais tout n'est pas écrit d'avance. Le risque pour un enfant est de l'ordre de 40% si l'un de ses parents est allergique, de 60% si son père et sa mère le sont. Et de 75% si ses deux parents et un membre de la famille proche sont allergiques. En fait, les enfants ne seront pas forcément réactifs au même allergène que leurs parents, c'est la sensibilité qui se transmet et non l'allergie. S'il n'existe aucune prédisposition, le risque d'être allergique est de 15%.I comme Immunoglobines
Famille de protéines à laquelle appartiennent les anticorps. On compte cinq classes d'immunoglobines ou anticorps (IgM, IgG, IgA, IgD, et IgE). Elles sont présentes dans le sérum et les compartiments liquidiens de l'organisme. L'anticorps spécifique de l'allergie est une gammaglobuline nommée IgE que l'on trouve en abondance dans le sang.M comme Médicaments
Il existe des médicaments anti-allergiques (corticoïdes, antihistaminiques, anti-inflammatoires puissants) qui peuvent diminuer l'intensité d'une crise ou l'enrayer. Il existe également des médicaments préventifs dans les cas d'allergie au pollen par exemple. Les traitements pharmacologiques n'agissent que sur les symptômes de l'allergie. La désensibilisation (traitement de fond) agit sur le système immunitaire en le rééquilibrant.S comme Symptômes
Ils peuvent être cutanés (eczéma de contact, dermatite atopique, urticaire). Pulmonaires (asthme, pneumopathie). Oculaires (conjonctivite, kératite). Otorhino-laryngologiques (rhinite, sinusite). Digestifs (vomissement, diarrhée). Hématologiques (anémie).T comme Tests
Les tests «in vitro » sont des examens effectués en laboratoire à partir de prélèvements de liquides biologiques (urine, salive et sang en ce qui concerne l'allergie). Les tests «in vivo» sont pratiqués sur un organisme vivant (tests cutanés par exemple). En pratique, les tests cutanés consistent à mettre en contact les substances soupçonnées (pollens, aliments) avec la peau. Les tests sanguins mesurent la concentration d'IgE spécifiques à telle ou telle substance. L'allergologue, après un interrogatoire précis et selon les résultats des tests, peut poser son diagnostic.Z comme Zen
Le rester. Dès que des signes évocateurs (éternuements, larmoiements) se répètent, il est judicieux de consulter. Le médecin pourra vous orienter auprès d'un allergologue en s'aidant d'autres spécialistes (pneumologues, dermatologue, ORL). Identifier le ou les allergènes responsables dès les premières manifestations allergiques permet un traitement adéquat. Plus le traitement est précoce, plus la chance de guérison est importante et la qualité de vie améliorée.
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