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SANTÉ
L'actualité de la santé
15 Décembre 2011 par Ghislaine Andréani
L'insomnie féminine expliquée
Des chercheurs américains (Harvard Med School, Boston, USA), en collaboration avec Claude Gronfier, chargé de recherches à l'Inserm, viennent de révéler qu'indépendamment de l'âge, l'horloge biologique des femmes avance plus rapidement que celle des hommes: la durée du cycle circadien (24 heures) est en moyenne plus court de 6 minutes. Ils ont également conclu que les femmes avaient 2,5 fois plus de chance d'avoir un rythme circadien inférieur à 24 heures. Ce résultat pourrait expliquer pourquoi elles se réveillent en moyenne plus tôt. En effet, si le réajustement n'est pas effectué, leur horloge prend un peu d'avance chaque jour et elles ont envie de se coucher et de se lever plus tôt que la veille. Ce qui n'a pas lieu dans la pratique, car elles se couchent plus tard et se réveillent plus tôt. «Cette désynchronisation entraînerait une diminution de la durée du sommeil et des difficultés à s'endormir. Raison pour laquelle l'insomnie touche moitié plus de femmes que d'hommes. Connaître cette différence devrait permettre, précise Claude Gronfier, d'adapter les stratégies thérapeutiques (photothérapie, mélatonine…) actuellement utilisées pour traiter les troubles du sommeil. On pourrait par exemple moduler l'heure d'administration et la dose selon le sexe.»
À bout de souffle
Les femmes sont de plus en plus concernées par les maladies respiratoires et plus particulièrement par la bronchite obstructive. En cause l'augmentation de la consommation de tabac. Non traitée, la BPCO provoque un essoufflement, une dégradation respiratoire et pulmonaire. Elle peut évoluer vers une insuffisance respiratoire chronique irréversible et menacer le pronostic vital. La Fédération française de pneumologie et le laboratoire Aztra Zeneca ont décidé d'agir. Ils organisent durant 4 jours des ateliers animés par des médecins et différents spécialistes du souffle : pneumologue, tabacologue, kiné. Rendez-vous à Paris le 19 novembre, à Bordeaux le 26 novembre, à Lyon le 3 décembre et à Lille le 10 décembre. www.prenezletempsdesouffler.com
Dépister le cancer du col de l'utérus
Aujourd'hui en France, on recommande le frottis à toutes les femmes de 25 à 65 ans, tous les trois ans, pour détecter des dysplasies (cellules précancéreuses) ou un cancer. Ensuite, en cas d'anomalie, on effectue des examens complémentaires pour envisager un traitement adapté. Ce dépistage systématique a permis de diminuer la mortalité, mais il se révèle insuffisant, puisqu'on dénombre encore 3 000 cancers et presque 1 000 décès chaque année. Faits d'autant plus regrettables que «le cancer du col de l'utérus est totalement évitable» selon le docteur Joseph Monsonego. «En effet, le frottis, explique-t-il, même s'il a fait la preuve de son efficacité à limiter l'incidence du cancer du col, demeure une technique encore approximative. Seul le test viral, s'il était systématiquement effectué en première intention, permettrait d'attirer l'attention sur les femmes réellement à risque.» Ce test qui détecte les papillomavirus humains permet avec précision en une seule étape d'identifier les génotypes agressifs (16 et 18) et de les détecter plus précocement qu'avec le frottis. Il s'adresse aux femmes à partir de 30 ans et peut, s'il est négatif, être réalisé tous les 3 ans. Autorisé aux États-Unis, il devrait permettre de sauver des vies. À quand la combinaison systématique du frottis et du test pour s'assurer d'un risque quasi nul de développer un cancer du col de l'utérus ?
Découverte du gène de l'épilepsie
La forme d'épilepsie la plus fréquente chez l'adulte est celle du lobe temporal. Elle résiste dans 30% des cas à tout traitement. Elle est souvent associée à des déficits de mémoire et d'apprentissage ainsi qu'à des états dépressifs et anxieux. Un neurobiologiste, Christophe Bernard, directeur de recherches à l'Inserm et son équipe (hôpital de la Timone à Marseille), en collaboration avec une équipe américaine a identifié un gène clef dans le mécanisme de la transformation d'un cerveau sain en cerveau épileptique. Ce gène, une fois activé par l'agression initiale du cerveau, a la capacité de contrôler l'expression de 1 800 autres gènes dont les dérèglements participeraient à la construction d'un cerveau épileptique. Des expériences ont été menées sur des rats pour inhiber son activité (injection de leurres chimiques), les effets thérapeutiques ont été immédiats : ralentissement de la progression de l'épilepsie, diminution du nombre de crises et restauration de l'activité cérébrale qui joue un rôle dans de nombreuses fonctions de mémorisation. Une voie de recherche de traitements préventifs est ouverte.
La migraine trois gènes en accusation
11 millions de personnes en France, et plus particulièrement les femmes, souffrent de migraine et des divers symptômes qui les accompagnent : douleurs, nausées, sensibilité à la lumière et au bruit. Tobias Kurth, directeur de recherches à l'unité Inserm 708 Neuroépidémiologie, et ses collaborateurs internationaux ont identifié trois gènes (TRPM8, LRP1 et PRDM16) pour lesquels une variation génétique est associée à un risque accru de migraine. Ainsi, les personnes présentant cette variation ont plus de risque de développer une migraine. Fait observé pour les différentes formes de migraines, selon une étude réalisée sur plus de 23 000 femmes dont 5 000 migraineuses et confirmée par trois études européennes, incluant des hommes et des femmes. «Bien que les mécanismes de la migraine restent mal compris et ses causes sous-jacentes difficiles à cerner, l'identification de ces dénominateurs communs permet d'éclairer les origines biologiques de cette affection fréquente et invalidante», précise Tobias Kurth. Depuis, les chercheurs encouragent la communauté scientifique à mener des études qui permettraient d'expliquer les contributions précises de ces gènes.
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