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SANTÉ
Prenez soin de votre tension
30 Septembre 2009 par Emmanuellle Jumeaucourt
Maladie chronique, l'hypertension artérielle peut être à l'origine de graves complications si elle n'est pas diagnostiquée à temps. La dépister, la traiter et la contrôler sont essentiels pour vivre bien, plus longtemps.
« Suite à des vertiges, j'ai appris que j'étais hypertendue, confie Catherine, la quarantaine. Mon père l'était mais je ne pensais pas être concernée. J'aurais dû être vigilante. » Catherine n'est pas la seule à sous-estimer l'importance de sa tension. Sur les 14,4 millions de Français hypertendus – dont 70 % ont plus de 60 ans – plus de 3 millions ne suivent aucun traitement. Une situation qui s'explique puisque 89 % des Français considèrent que l'hypertension n'est pas un problème sérieux. Cette maladie, qui se définit par une pression trop élevée du sang dans les artères, risque de favoriser de graves problèmes : accident vasculaire cérébral, infarctus du myocarde, insuffisance rénale, troubles de la mémoire, démences ou maladie d'Alzheimer. « L'espérance de vie peut être réduite de 7 ans et le risque de vivre avec des séquelles est réel », avertit le professeur Jean-Jacques Mourad, président du CFLHTA (Comité français de lutte contre l'hypertension artérielle). Souvent asymptomatique, cette maladie silencieuse se soigne très bien mais elle ne se guérit pas. Certains signes peuvent cependant vous alerter : maux de tête surtout pendant la deuxième moitié de la nuit ou au réveil, essoufflements, palpitations, mouches devant les yeux, bourdonnements d'oreilles. En cas de doute, n'hésitez pas à consulter.
Dans la plupart des cas, on ne connaît pas la cause de la maladie mais l'âge, le tabagisme, le surpoids et l'obésité sont des facteurs favorisants. Il existe aussi, dans 20 % des cas, un facteur héréditaire. Quant au stress, contrairement aux idées reçues, s'il augmente la tension ponctuellement, il n'est pas une cause de la maladie. « Un dépistage annuel est de rigueur pour tous dès 40 ans ou dès 20 ans s'il existe des antécédents. Il passe par la mesure de sa pression artérielle chez le médecin, le pharmacien ou à domicile avec un appareil d'automesure. Il faut avoir le réflexe de se demander si l'on connaît son niveau tensionnel », souligne le professeur Xavier Girerd, cardiologue et vice-président de la Société française de l'hypertension.
Parmi les hypertendus, 28 % ne sont pas traités, dont une frange d'hommes de 30 à 60 ans. « Certains n'ont pas fait mesurer leur tension depuis 20 ans, certains sont malades mais cessent de se soigner car la baisse de leur tension leur laisse croire qu'ils sont guéris, d'autres encore ressentent de l'injustice car ils n'ont rien à se reprocher », explique le professeur Girerd. C'est au cours de la première année de prise en charge que l'on compte le plus de traitements interrompus. En cause : les idées reçues circulant autour de l'hypertension, souvent perçue comme source de contraintes. « Beaucoup ne cernent pas la maladie, ne sont pas prêts à changer de mode de vie, croient qu'ils vont devoir se priver. L'hypertension n'est pourtant pas dramatique. Bien traitée, elle n'entrave pas la qualité de vie ! » poursuit le cardiologue. « Certains patients ne voient pas l'intérêt du traitement car ils ne perçoivent pas ses bénéfices immédiatement », ajoute le professeur Mourad. Catherine a saisi le message : « Au début, je ne suivais pas le traitement à la lettre. Je me sentais forte. Au fond, je crois que j'avais peur d'être dépendante, de vivre comme une malade. Mon médecin m'a rassurée. »
Traiter l'hypertension ne revient pas à mener une vie d'ascète mais à suivre correctement son traitement médical et à observer une hygiène de vie (voir encadré), même si l'on se sent en parfaite santé. « Ces mesures s'adaptent en fonction de l'histoire de chacun. Elles seront plus efficaces pour une personne en surpoids que pour une personne confrontée à une hypertension héréditaire, déjà sportive et soucieuse de son alimentation », précise le professeur Girerd. Autre conseil du professeur Mourad qui devrait rassurer les bons vivants : « Ne pas se lancer dans un régime sans sel, une erreur souvent commise qui peut être délétère. Éviter la surconsommation de sel ne signifie pas le supprimer mais réduire les quantités. » Côté médicaments, on dénombre six familles d'anti-hypertenseurs dont une vient d'être mise à disposition en septembre dernier : les inhibiteurs directs de la rénine (l'aliskiren). Loin d'être contraignants, les traitements sont efficaces et généralement bien tolérés. « Le temps où il fallait prendre un grand nombre de comprimés par jour est révolu. Dorénavant, l'association de médicaments permet une prise réduite à un, voire deux comprimés », se réjouit le professeur Mourad. En effet, il existe aujourd'hui des associations fixes comprenant deux médicaments appartenant à des familles différentes d'anti-hypertenseurs et exerçant des effets synergiques, en particulier les inhibiteurs du système rénine angiotensine aldostérone (IEC), les inhibiteurs calciques et les diurétiques. Si la maladie est traitée plus tôt chez les Américains que chez les Européens, 50 % des Français contrôlés ont une pression en dessous de 14/9, un chiffre bien meilleur que dans le reste de l'Europe. Preuve que le dépistage, le traitement et les mesures d'hygiène sont le gage d'une longue vie en bonne santé. Pierre confirme : « J'ai cru que la maladie allait chambouler ma vie, me frustrer. C'est faux ! Mes repas sont différents, variés et gourmands, je nage, j'ai minci et je me sens en forme ! ».
* Comité français de lutte contre l'hypertension artérielle.
- Limiter le sel à 6 g par jour.
- Perdre du poids en cas de surcharge pondérale.
- Pratiquer une physique régulièrement.
- Limiter l'alcool.
- Cesser de fumer.
- Avoir une alimentation riche en fruits et légumes.
Les bons chiffres : On parle d'hypertension lorsque la pression mesurée plusieurs fois au repos est supérieure à 140 mmHg ou à 90 mmHg. Le traitement a pour rôle de ramener et maintenir ces chiffres en dessous de 140/90, 14/9 en langage courant.
Pathologie fréquente dans les pays occidentaux, l'hypertension toucherait 25 % des populations adultes « 1,5 milliard d'individus pourraient être concernés en 2020 », estime le professeur Mourad.
Le laboratoire Abbott et le CFLHTA* proposent depuis le 1er octobre une campagne d'information positive pour déculpabiliser les patients hypertendus et améliorer leur prise en charge. Un dispositif qui comprend deux vidéos sur YouTube et Dailymotion, un site internet (www.bienvivrematension.fr), un groupe de discussion sur Facebook. Un trimestriel Le magazine des patients hypertendus qui aiment la vie est distribué dans les salles d'attente et un programme de formation est dispensé au médecin. L'humoriste Marc Jolivet a également accepté de prêter son image.
Les facteurs de risque
Dans la plupart des cas, on ne connaît pas la cause de la maladie mais l'âge, le tabagisme, le surpoids et l'obésité sont des facteurs favorisants. Il existe aussi, dans 20 % des cas, un facteur héréditaire. Quant au stress, contrairement aux idées reçues, s'il augmente la tension ponctuellement, il n'est pas une cause de la maladie. « Un dépistage annuel est de rigueur pour tous dès 40 ans ou dès 20 ans s'il existe des antécédents. Il passe par la mesure de sa pression artérielle chez le médecin, le pharmacien ou à domicile avec un appareil d'automesure. Il faut avoir le réflexe de se demander si l'on connaît son niveau tensionnel », souligne le professeur Xavier Girerd, cardiologue et vice-président de la Société française de l'hypertension.
Ces hypertendus qui s'ignorent
Parmi les hypertendus, 28 % ne sont pas traités, dont une frange d'hommes de 30 à 60 ans. « Certains n'ont pas fait mesurer leur tension depuis 20 ans, certains sont malades mais cessent de se soigner car la baisse de leur tension leur laisse croire qu'ils sont guéris, d'autres encore ressentent de l'injustice car ils n'ont rien à se reprocher », explique le professeur Girerd. C'est au cours de la première année de prise en charge que l'on compte le plus de traitements interrompus. En cause : les idées reçues circulant autour de l'hypertension, souvent perçue comme source de contraintes. « Beaucoup ne cernent pas la maladie, ne sont pas prêts à changer de mode de vie, croient qu'ils vont devoir se priver. L'hypertension n'est pourtant pas dramatique. Bien traitée, elle n'entrave pas la qualité de vie ! » poursuit le cardiologue. « Certains patients ne voient pas l'intérêt du traitement car ils ne perçoivent pas ses bénéfices immédiatement », ajoute le professeur Mourad. Catherine a saisi le message : « Au début, je ne suivais pas le traitement à la lettre. Je me sentais forte. Au fond, je crois que j'avais peur d'être dépendante, de vivre comme une malade. Mon médecin m'a rassurée. »
Bien vivre sa tension
Traiter l'hypertension ne revient pas à mener une vie d'ascète mais à suivre correctement son traitement médical et à observer une hygiène de vie (voir encadré), même si l'on se sent en parfaite santé. « Ces mesures s'adaptent en fonction de l'histoire de chacun. Elles seront plus efficaces pour une personne en surpoids que pour une personne confrontée à une hypertension héréditaire, déjà sportive et soucieuse de son alimentation », précise le professeur Girerd. Autre conseil du professeur Mourad qui devrait rassurer les bons vivants : « Ne pas se lancer dans un régime sans sel, une erreur souvent commise qui peut être délétère. Éviter la surconsommation de sel ne signifie pas le supprimer mais réduire les quantités. » Côté médicaments, on dénombre six familles d'anti-hypertenseurs dont une vient d'être mise à disposition en septembre dernier : les inhibiteurs directs de la rénine (l'aliskiren). Loin d'être contraignants, les traitements sont efficaces et généralement bien tolérés. « Le temps où il fallait prendre un grand nombre de comprimés par jour est révolu. Dorénavant, l'association de médicaments permet une prise réduite à un, voire deux comprimés », se réjouit le professeur Mourad. En effet, il existe aujourd'hui des associations fixes comprenant deux médicaments appartenant à des familles différentes d'anti-hypertenseurs et exerçant des effets synergiques, en particulier les inhibiteurs du système rénine angiotensine aldostérone (IEC), les inhibiteurs calciques et les diurétiques. Si la maladie est traitée plus tôt chez les Américains que chez les Européens, 50 % des Français contrôlés ont une pression en dessous de 14/9, un chiffre bien meilleur que dans le reste de l'Europe. Preuve que le dépistage, le traitement et les mesures d'hygiène sont le gage d'une longue vie en bonne santé. Pierre confirme : « J'ai cru que la maladie allait chambouler ma vie, me frustrer. C'est faux ! Mes repas sont différents, variés et gourmands, je nage, j'ai minci et je me sens en forme ! ».
* Comité français de lutte contre l'hypertension artérielle.
Les Conseils au quotidien
- Limiter le sel à 6 g par jour.
- Perdre du poids en cas de surcharge pondérale.
- Pratiquer une physique régulièrement.
- Limiter l'alcool.
- Cesser de fumer.
- Avoir une alimentation riche en fruits et légumes.
Les bons chiffres : On parle d'hypertension lorsque la pression mesurée plusieurs fois au repos est supérieure à 140 mmHg ou à 90 mmHg. Le traitement a pour rôle de ramener et maintenir ces chiffres en dessous de 140/90, 14/9 en langage courant.
Pathologie fréquente dans les pays occidentaux, l'hypertension toucherait 25 % des populations adultes « 1,5 milliard d'individus pourraient être concernés en 2020 », estime le professeur Mourad.
Bien vivre sa tension
Le laboratoire Abbott et le CFLHTA* proposent depuis le 1er octobre une campagne d'information positive pour déculpabiliser les patients hypertendus et améliorer leur prise en charge. Un dispositif qui comprend deux vidéos sur YouTube et Dailymotion, un site internet (www.bienvivrematension.fr), un groupe de discussion sur Facebook. Un trimestriel Le magazine des patients hypertendus qui aiment la vie est distribué dans les salles d'attente et un programme de formation est dispensé au médecin. L'humoriste Marc Jolivet a également accepté de prêter son image.
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