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Photo © Alain Zimeray

SOLIDAIRE

Un thé vert avec... Véronique Zimeray

03 Janvier 2011 par Ronan Chastellier

Docteur en pharmacie, cette chef d'entreprise vient de créer Relais conseil, une société d'études de marché qui recrute des personnes en situation de précarité. Rencontre avec une femme engagée.

 


Véronique Zimeray

50 ans, 2 enfants.

Formation : docteur en pharmacie.
1989 : elle crée HPR, société d'études de marché.
2005 : elle rejoint un grand groupe de communication.
2009 : elle fonde Relais Conseil, 1re société d'études de marché solidaire.



Les études de marché, est-ce une passion ou uniquement une pratique professionnelle ?

Les deux ! Ce métier correspond profondément à ma personnalité. J'aime être à l'écoute du moindre signe, sans a priori, sans pré-requis, me remettre en question et chercher à comprendre. Après avoir obtenu mon diplôme de pharmacienne, j'ai effectué un stage au service «études de marché» de Rhône-Poulenc et cela m'a passionnée.

Quel est, selon vous, l'état d'esprit du public face à la santé aujourd'hui ?

Les Français sont inquiets notamment en ce qui concerne des pathologies lourdes comme la maladie d'Alzheimer, le cancer. Et même s'ils sont confiants dans la recherche, ils se demandent toujours si elle progresse assez vite.

D'autant qu'avec Internet ils sont surinformés...

Je crois beaucoup à l'éducation de la santé, au fait que le patient se prenne en main, qu'il soit plus participatif. Il doit être actif et confiant face au médecin. Mieux informé, il comprend et adhère plus facilement au traitement.

Et d'où vient cette belle idée de faire travailler des gens en situation précaire ?

C'est arrivé un peu par hasard. Un jour, dans la rue, un homme qui ne semblait pas avoir de problème particulier m'a demandé si je n'avais pas du travail pour lui. J'ai été profondément touchée, j'ai eu une sorte de déclic. C'est à ce moment que mon projet d'entreprise est né : j'allais constituer un réseau d'enquêteurs avec des personnes qui vivaient en situation précaire. C'était l'occasion de leur offrir un nouveau départ et de concilier mon engagement personnel avec mon activité professionnelle.

Quelle a été la réaction de vos clients face à cette initiative ?

J'ai eu du mal à faire accepter l'idée qu'une personne en fin de droits pouvait être digne de confiance… Mais j'ai été aidée par des associations et des missions locales qui m'ont permis de recruter des personnes rigoureuses, capables de tenir un timing.

Les mairies, les collectivités locales ou les entreprises publiques vous ont-elles aidée ?

Les maires ont applaudi la noblesse de la cause, mais pas un seul n'a agi ni ne nous a missionnés. D'un côté, il y a les beaux discours, la bonne conscience, de l'autre la réalité de l'engagement. En l'occurrence, le secteur public n'a rien fait.

On est plus généreux dans le privé ?

Les entreprises privées ont compris plus vite que l'on pouvait rendre un travail de qualité en employant des précaires. Danone Eau, DDB Ciel et Terre, sont mes principaux clients. Depuis le mois de juin, les commandes arrivent. J'ai l'impression que la mayonnaise prend.

Est-ce l'idée de défendre une cause juste qui vous anime ?

J'ai été indignée par la publication des chiffres de la pauvreté. En France, ils sont 8 millions à vivre avec moins de 949 € par mois. Pourquoi les autorités font-elles la sourde oreille à des idées simples et concrètes comme la mienne ? Pourquoi n'y a-t-il pas de place pour nous dans les appels d'offre publics ? Mystère !

 

 

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