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SOLIDAIRE
Une journée à l'hôpital
19 Mai 2009 par Julie Pujol
Accueillir toutes les personnes qui n'ont pas accès aux soins faute de couverture sociale ou de moyens suffisants, c'est la mission des Pass*. Témoignage.
Nichée à l'intérieur de l'hôpital Saint-Antoine, la clinique Baudelaire ressemble à un service ordinaire. Des gens qui attendent, des infirmières qui s'activent et des médecins qui passent la tête par la porte pour appeler le malade suivant… Au bout d'un couloir, un homme dort, allongé sur une rangée de chaises. « Il y a un monsieur qui ne se sent pas très bien là-bas, il semble fortement alcoolisé », murmure une assistante sociale. Dans la salle d'attente, un autre regarde avec anxiété des documents, il veut savoir s'il pourra être soigné rapidement. Une femme s'occupe de ses trois enfants pendant que son mari interroge une aide-soignante. Eux n'ont pas l'air inquiet, ils sont déjà venus plusieurs fois. Assise à côté d'eux, une femme tremble légèrement. Derrière ses longs cheveux blonds, elle dévoile un visage abîmé et un regard fragile. L'atmosphère est calme mais on entend flotter un murmure indéfinissable.
Bacha, médecin
« Oui, travailler ici est un vrai engagement, c'est très mal payé et fatigant. Les parcours des patients sont souvent douloureux, les relations tendues. Il faut prendre du temps pour les mettre à l'aise. Avec les personnes sans-papiers c'est difficile, ils sont très anxieux. Ici on soigne aussi bien que dans la médecine « payante ». Nous avons tout ce qu'il faut pour une prise en charge globale, nous passons beaucoup de temps avec les malades et nous ne sommes pas dans une logique de rentabilité. »
La violence de l'exclusion
Munies de leur perpétuelle bonne humeur, les aides-soignantes sont les premières à accueillir les malades avant de les faire patienter. Elles sont aussi en première ligne face aux comportements parfois impatients ou violents. Ce matin, un patient SDF s'énerve et finit par être agressif. On lui explique qu'il est normal d'attendre puisque les consultations sont sans rendez-vous. « Son agressivité vient de son habitude à se sentir exclu, explique Audrey, la psychologue de Baudelaire. Quand il a compris que tout le monde était logé à la même enseigne, il s'est calmé. » Sourires, douceur, mots qui rassurent… le tout avec une pointe de détermination : les membres de l'équipe soignante sont rodés et tous prouvent qu'ils ne sont pas là par hasard.
Un bain ou un repas
Les infirmières se déplacent avec leur matériel, elles s'installent comme elles peuvent, sur un coin de table. Les malades se succèdent. Le cas de Khadidja est sérieux, elle explique tout bas qu'elle a ses règles depuis 15 jours, des investigations supplémentaires sont prescrites. Un SDF passe à la salle de bains, on lui offre aussi un déjeuner dans la cuisine. Au même moment, les assistantes sociales prennent connaissance des résultats d'analyse d'un patient. Il est atteint de tuberculose. Sans domicile fixe, il va falloir faire preuve d'inventivité pour le retrouver. Parfois, la précarité n'est pas là où on l'attend. Pierre, par exemple, a contracté une infection dans le centre d'hébergement d'urgence où il loge. Employé à
« Ce n'est pas un ghetto »
« Ici tout le monde est soigné ! » clame l'équipe. SDF, toxicomanes, sans-papiers, mais aussi monsieur et madame tout le monde. Des gens dont le médecin traitant est en vacances ou qui ne souhaitent pas consulter en cabinet privé. Bien sûr, ceux-là paient leur consultation. Geneviève, 76 ans, est une vraie habituée. Elle est arrivée ici à force de déceptions avec son médecin de ville. Depuis, ravie par la qualité des soins et du personnel, elle vient presque tous les jours à Baudelaire faire changer ses pansements et elle y a choisi son médecin traitant. « Je sais qu'il y a beaucoup de SDF mais ça ne me dérange pas du tout ! »
Infos pratiques
* Les PASS (Permanences d'accès aux soins de santé) sont installées dans les hôpitaux et reçoivent sans rendez-vous. Il existe en principe des PASS dans toute
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