Le miracle des régimes

Chaque printemps, un nouveau régime nous promet la perte de quelques kilos superflus sans effort. Nombre de médecins tentent pourtant d’alerter les candidats à la minceur des dangers qu’ils encourent. Nous avons interrogé des médecins, des scientifiques, des sociologues, des psychiatres pour décrypter cette obsession de la minceur et vous révéler la face cachée de ces régimes miracles.

 Le mythe de la minceur

Adieu corps ronds et voluptueux des siècles passés, nous rêvons aujourd’hui d’un corps mince et d’une silhouette svelte. Et nous sommes parfois prêts à tous les régimes pour y parvenir. Quand et comment cette norme s’est-elle imposée ? Petite histoire de la minceur…

Pourquoi veut-on maigrir ?

Alors que les discours officiels plaident pour un régime-santé, la motivation réelle est différente. En général on veut maigrir pour plaire ou pour se plaire, pour gagner ou regagner l’estime de soi et celle des autres. La perception que l’on a de son corps est souvent fausse et déterminée par une pression esthétique et sociale sans rapport avec un réel besoin médical d’amaigrissement (voir encadré). Il y a donc inadéquation entre un légitime souci de santé publique relayé par le discours médical et la motivation sous-jacente des individus. «Les enquêtes montrent qu’il y a au moins autant de sujets sans problème de poids (du point de vue médical) qui se préoccupent de leur corpulence et désirent maigrir, que de sujets obèses», rappelle Jean-Pierre Poulain* dans son ouvrage Sociologie de l’obésité. Dans cette brèche s’engouffrent les propagateurs de régimes révolutionnaires. «Suivre un régime restrictif est souvent vécu, et cela de plus en plus tôt, comme un signe positif de maturité», ajoute-t-il. Ce qui a pour conséquence d’installer des troubles du comportement alimentaire chez les pré-adolescentes pendant une période qui devrait être celle des apprentissages équilibrés. Ce dérèglement précoce est dangereux et favorise à long terme une prise de poids certaine.

L’émergence de la minceur

Que sont devenues les «charmantes joues à croquer», «la rondeur des formes et la courbure gracieuse» des belles qui faisaient rêver Brillat-Savarin au XIXesiècle ? Que dire de cet embonpoint masculin qui posait son homme et le faisait considérer comme socialement établi ? Il a fondu au soleil et son ventre rond a été remplacé par une peau bronzée. Que s’est-il passé ? «Vers 1920, en France, les premiers signes d’une transformation apparaissent, explique Jean-Pierre Poulain. Mais ce n’est que dans les années 50 que le modèle de minceur s’impose avec force et que l’on bascule de l’embonpoint au “mal en point”, selon l’expression de Claude Fischler, directeur de recherche au CNRS». Alors que de nombreuses sociétés traditionnelles affichent encore leur préférence pour les femmes fortes, perçues comme signe de bonne santé et de vitalité, nos sociétés occidentales perçoivent la grosseur comme signe d’égoïsme et d’absence de contrôle de soi. Dans une logique d’efficacité sociale, de performance, de vitesse, de nomadisme, «la dynamique l’a emporté sur la statique, le droit sur l’arrondi», précise Georges Vigarello** dans Les Métamorphoses du gras. Avec une litanie d’égéries androgynes et filiformes comme la Garçonne dans les années 20, la starification des vedettes de cinéma commencée avec Marlène Dietrich dans les années 40, la mise en scène de mannequins anorexiques comme Twiggy depuis les années 60, le corps maigre s’est imposé comme sexuellement attirant. Le muscle a remplacé l’attrait de la chair, désormais disqualifiée.

« La dynamique l’a emporté sur la statique, le droit sur l’arrondi. »

L’obésité repoussoir et la minceur vertu

En contrepoint de ce désir de minceur, la figure de l’obèse s’impose comme un repoussoir qui cristallise les maux et les dérives d’une société consumériste, qui concentre dans la corpulence les enjeux et les angoisses d’une société en mal d’être. «L’obèse est vu comme un glouton asocial. Incapable de maîtriser ses appétits, non seulement gros, mais aussi ‘moralement grossier’ », note Jean-Pierre Poulain. L’obèse devient même aujourd’hui la cible de communautés écologiques qui lui reprochent dans un élan moralisateur «de ne pas respecter la planète». Il ajoute avec pertinence que la «valorisation d’une esthétique corporelle de minceur est concomitante de la prise de conscience tiers-mondiste et de la critique du capitalisme. Comme le capitaliste accumule le capital, l’obèse thésaurise la graisse dans son propre corps». À l’opposé de cette figure repoussoir, la minceur se pare de toutes les vertus morales. Ainsi, le beau et le bon, le sain et le saint, doivent, dans nos sociétés occidentales, être maigres.

Minceur et performance

Ce corps dont nous voulons gommer la graisse pourtant indispensable à notre survie physiologique, cette émergence de la «lipophobie» (haine du gras), sont au coeur de toutes les ambiguïtés d’une société occidentale qui s’est imposé des règles de rendement. Le corps voluptueux n’a plus droit qu’aux performances sexuelles. Le corps maigre est un corps performant qui répond aux exigences d’efficacité sociale et économique, aux contingences de légèreté, de vitesse qu’induisent nos modes de vie urbains. S’imposer un régime s’inscrit dans une démarche de contrôle qui, faute de s’exercer sur le monde extérieur, se porte sur son propre corps et donne l’illusion d’être au contrôle de son corps comme au volant d’un véhicule. Vision machiniste d’un corps instrumentalisé qui doit servir de «signe» dans un univers qui magnifie l’image. Le mangeur contemporain trouve dans le régime une solution à ses aspirations mais, malheureusement, un exutoire dangereux et illusoire. Le désir de maigrir s’inscrit au centre d’enjeux moraux, sociaux, économiques et théologiques qui dépassent le simple souci de bien-être. Le docteur Gérard Apferdorfer s’interrogeait déjà en 2000: «On peut se demander si, pour bon nombre de nos contemporains, la course à la minceur n’est pas devenue le passe-temps parfait, la distraction idéale, qui permettent de se dispenser de vivre sa vie. On vivra quand on sera mince, si cela arrive un jour. En attendant, on consommera régime sur régime, sur un mode boulimique.» Régimes mirages qui nous permettent d’éluder le face-à-face avec nos paradoxes et nos faiblesses ?

Bibliographie
*Jean-Pierre Poulain, Sociologie de l’obésité, Puf 2009.
Marian Apfelbaum – Raymond Lepoutre, Les Mangeurs inégaux, Stock, 1978.
Dr Francine Duret-Gossart – Dr Pierre Peuteuil, Perte de poids, perte de soi ? La grande illusion de la minceur, Larousse, 2010.
**Georges Vigarello, Les Métamorphoses du gras, Histoire de l’obésité, Seuil, 2010.
Thibaut de Saint-Pol, Le Corps désirable. Hommes et femmes face à leur poids, Puf «Le Lien social», 2010.
Annie Hubert (Dir. -), Corps de femmes sous influence. Questionner les normes, Les Cahiers de l’Ocha, n°10, 2004.
Compte-rendu des 6es rencontres François Rabelais,
Cuisine : santé ou plaisir, faut-il choisir ? www.iehca.eu.

Allegro fortissimo

Créée en 1989, Allegro Fortissimo est une association qui lutte contre les discriminations dont sont victimes les personnes de forte corpulence (difficultés d’accès à l’emploi, au crédit, aux transports, aux soins). Elle travaille à réconcilier ces personnes avec leur corps et leur image et répond à leurs questions de santé spécifiques avec l’aide de professionnels. L’association organise en outre de nombreuses activités conviviales en région parisienne et dans certaines villes de France.
Allegro Fortissimo – Maison des associations du 14e,
Boîte 13 22, rue Deparcieux – 75014 Paris. 01 45 53 98 36

Les nouveaux séducteurs

Assiste-t-on à la fin de la dictature de la minceur ?
Les hommes au petit ventre rond font «craquer» ! Benjamin Biolay, Javier Bardem, Jonathan Rhys Meyers, sont les nouveaux modèles d’hommes rassurants. Point de démonstration spectaculaire de muscles, mais une petite brioche perçue comme particulièrement séduisante par les nouvelles trentenaires. «Tout en rondeurs confortables, un nouveau modèle d’hommes vient d’arriver sur
le marché. On en mangerait, non ?»
écrit Camille Charmasson
dans le magazine Grazia. La douce rondeur va-t-elle redevenir
une valeur refuge dans une société qui se sent agressée ?

Quelques conseils pour se passer des régimes

Laisser parler sa faim
2 ou 3 repas par jour ? À chacun de voir selon son appétit. Retrouver la notion de faim est plus importante que la programmation d’une prise alimentaire imposée socialement. La sensation de faim est un premier pas vers une meilleure écoute de son corps.

Respecter les rituels des repas
Laisser parler sa faim ne signifie pas grignoter toute la journée ! La prise ritualisée des repas est le meilleur rempart contre les petits creux.

Ne pas manger par anticipation ou par habitude
«Je n’ai pas faim mais j’ai peur d’avoir faim.» Il est préférable de faire l’expérience d’avoir faim plutôt que de manger «par précaution». Faire l’expérience de la «non-faim» et de la faim peut être profitable et n’est pas dommageable pour le corps.

S’accepter tel que l’on est

Accepter sa morphologie, son histoire, son vécu, sa culture, se réconcilier avec soi-même est parfois la clé de l’équilibre et aplanit beaucoup de doutes.

Ne pas avaler : mâcher et manger lentement
Plus on mastique, moins on mange vite. La mastication est la première étape indispensable à une bonne digestion, elle diminue la quantité de nourriture avalée car le sentiment de rassasiement arrive 15 à 20 minutes après l’ingestion des aliments. Préférez des aliments fermes qu’il vous faudra mastiquer à une alimentation liquide et molle.

Déguster
Corollaire du précédent conseil, pour ne pas mastiquer idiot, on déguste chaque bouchée. Retrouver le plaisir de manger est indispensable à un bon équilibre alimentaire.

Savoir dire non

Manger peut être une obligation sociale et même parfois un chantage affectif. Il faut apprendre à résister à l’apéritif entre amis, à la pause barre chocolatée de 17heures des collègues de bureau ou au gâteau de tante Louise. On peut être ensemble, sans céder à la prise alimentaire imposée par les autres.

Ne pas suivre à la lettre les diktats diététiques : retrouver son libre arbitre

Vouloir respecter à la lettre les injonctions nutritionnelles, «5 fruits et légumes par jour», ajouter un laitage à son repas sous prétexte de respecter le nombre de produits laitiers à consommer par jour, induit une relation calculée à la nourriture, source de culpabilisation. Manger doit rester un moment de plaisir.

Conserver un poids stable
Nous sommes des «mangeurs inégaux», c’est-à-dire que nous assimilons différemment la nourriture selon notre génétique, notre histoire, nos habitudes comportementales. Il est préférable d’avoir un poids stable même avec quelques kilos en plus que de vouloir s’aligner sur une prétendue «norme» et d’enchaîner les régimes.

La Dukan-mania

Un seul mot à la mode pour maigrir : «protéines». Ils sont des millions à le croire et à crier au miracle. Enquête sur un engouement diététiquement incorrect.
Par Ghislaine Andréani

Il y a les adeptes…

Pas un dîner en ville, pas un restaurant, pas une cantine n’échappe à l’assiette protéines. Les adeptes sont aux anges. Certains vont jusqu’à faire du prosélytisme. «La première semaine, j’ai perdu 3,8kg, ensuite entre 5 et 6kg par mois, au total 28kg sans souffrir», dit Jean. «De tous les régimes que j’ai suivis, c’est le plus efficace, affirme Véronique, la phase de stabilisation est la plus importante et je m’y attaque sérieusement. Au moindre faux pas, je reviens aux protéines.» Ils sont légion à relater leur succès devant un public extasié.

Et puis il y a les autres

Ceux qui avouent avec un sentiment de culpabilité, comme Geneviève : «J’ai honte, j’ai tout suivi à la lettre, stabilisation comprise, mais j’ai regrossi sérieusement. On ne peut pas tabler à vie sur les protéines.» Claire est plus pragmatique : «Maigrir oui (20kg en 20 semaines), mais en voyant fondre également mon portefeuille. Consultation à 100euros la demi-heure et, si on veut éviter la monotonie du jambon-poulet à volonté et rendre ses menus attractifs, coquillages, poissons… Cela devient ruineux, sans parler de la boîte de 4 galettes à 4,45€. En fait, j’ai essayé, perdu de l’argent, engraissé le médecin et regagné tous mes kilos». Anne-Sophie, elle, est fort mécontente : «Au début j’étais enthousiaste : 8kg vite perdus, ensuite j’ai déchanté : fatigue, perte de cheveux, sensibilité dentaire, vertiges, maux de tête, constipation. Bien sûr, dans le livre il est expliqué qu’il faut prendre des galettes d’avoine et boire pour éviter la paresse intestinale, mais à aucun moment il n’est dit qu’il faut être suivi régulièrement par un médecin.»

Mais d’où vient le régime Dukan ?

Il s’agit d’une variante de la diète protéique pure, en vogue en 1968 et du régime Atkins mis au point aux États-Unis en 1972. Leur point commun : ils diabolisent les sucres lents ou rapides en les supprimant ou en les restreignant fortement. Comme le fait remarquer le docteur Arnaud Cocaul1, médecin nutritionniste, attaché au service endocrinologie de l’hôpital de la Pitié-Salpétrière à Paris : «Les personnes qui suppriment féculents, fruits et sucres déclenchent souvent des troubles du comportement alimentaire. Les frustrations sont telles que craquer devient inévitable. Autre phénomène inéluctable : toute suppression entraîne un amaigrissement quel que soit le régime adopté.»
«Nous avons besoin pour vivre,
dit le docteur Christine Flament-Hennebique, nutritionniste, de protéines, de sel, d’eau, de calcium, de vitamines et de minéraux. Si nous ne les trouvons pas dans notre alimentation quotidienne, nous les prenons sur notre substance noble : sur notre cerveau, notre foie, notre sang, nos muscles et nos os. L’abus de protéines entraîne un dysfonctionnement des reins.»

«Les frustrations sont telles que craquer devient inévitable.»

Mourir de maigrir

Mais oser critiquer la «Dunkan diet» côté médecin, c’est jalouser le succès pécuniaire d’un confrère. Côté patient, c’est être incapable de suivre la voie royale par manque de volonté, dit-on avec un certain mépris. Soyons honnêtes et objectifs. À ce jour, aucune preuve scientifique n’est apportée. En revanche, les médecins qui ont le courage de crier «prudence» préviennent les risques encourus, et non les moindres, en s’appuyant sur des publications américaines. En effet, les régimes Dukan en France, Atkins dans les pays anglo-saxons, font perdre du poids, mais sur le long terme ils augmentent le risque de décès particulièrement de maladies cardiaques et de cancer (Annales de médecine interne). Pour la petite histoire, sachez que le docteur Atkins, cardiologue, est mort en 2003, d’un infarctus et obèse.

Quelles protéines ?

Selon Teresa Fung du Collège de Boston et ses collègues qui ont analysé les données concernant plus de 85 000 femmes âgées de 34 à 59 ans, suivies pendant 26 ans, et 44 500 hommes, âgés de 40 à 75 ans, suivis pendant 20 ans, le taux de décès chez les personnes qui avaient une alimentation faible en glucides était plus élevé de 12%, comparé à celles qui avaient adopté une alimentation riche en glucides. Toutefois, les taux de mortalité variaient selon les sources de protéines et de matières grasses utilisées. Un régime riche de protéines et graisses animales avait un risque de décès de cause cardiaque plus élevé de 14% et de cancer de 28% alors qu’un régime de protéines et de graisses provenant de sources végétales (noix, légumineuses…) avait un risque de décès réduit de 20%. De quoi faire réfléchir. D’autant que fin novembre, l’Anses2 a rendu public un rapport sur «l’évaluation des risques liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement», validé par un comité d’experts spécialisés en «Nutrition humaine» et présidé par le docteur Jean-Michel Lecerf, spécialiste en endocrinologie et maladies métaboliques, chef du service de nutrition à l’Institut Pasteur de Lille.

Trois tiers dans votre assiette

Mais alors y a-t-il une bonne méthode pour perdre du poids ? Oui, «le non-régime». La bonne assiette se compose ainsi : 1/3 de légumes, 1/3 de protéines et 1/3 de féculents. À vie. Et pour tout problème ou tout excès, du sur mesure, avec l’aval d’un nutritionniste ou d’un endocrinologue ou d’un généraliste à même de prendre en charge votre santé, votre état psychologique et votre équilibre diététique. Mais pas d’un «amaigrisseur» comme, malheureusement, il en existe encore.

(1) Le plaisir sans les kilos et Le carnet de mon régime, éditions Marabout.
(2) Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.

Les plus minces et les plus insatisfaites !

Selon un Eurobaromètre récemment analysé par l’Ined (Institut national d’études démographiques), 45% des Européens se déclarent insatisfaits de leur poids. Le sociologue Thibaut de Saint-Pol a analysé les données recueillies auprès de 16 300 citoyens des 15 pays membres de l’Union européenne âgés de plus de 15 ans et a observé un décalage entre le poids réel objectif, déterminé par l’indice IMC* et le poids «idéal» ou ressenti comme tel. Ainsi sur les 40% d’Européens qui se trouvent trop gros, les Français suivis par les Italiens, les Autrichiens puis les Allemands sont les plus nombreux à avoir un poids normal voire à être en sous-poids (IMC <18,5). À l’inverse, les Grecs suivis par les Britanniques, les Finlandais et les Portugais sont les plus nombreux à être en surpoids alors qu’ils se jugent de corpulence «normale» voire en sous-poids. Dans cet échantillon, les Françaises sont à la fois les femmes les plus minces d’Europe et les plus nombreuses à vouloir mincir. Pression esthétique ou sociale ?
Indice de Masse Corporelle qui exprime le rapport du poids à la taille. Il se calcule en divisant le poids en kilos par la taille au carré. Thibaut de Saint-Pol, Surpoids, normes et jugements en matière de poids : comparaisons européennes, Ined, 2009.


Et si manger bio était une solution ?


2 questions au docteur Bertrand Mouret, concepteur de la méthode «Mincir par le bio» et médecin à Paris*.

Il ne s’agit pas d’un régime mais plutôt d’une méthode. Non hypocalorique, elle n’exclut aucun aliment et n’entraîne donc aucune carence. Il s’agit d’apprendre à composer des repas équilibrés et à choisir les bons produits. À la clef : retrouver la ligne autant que la santé.

>Selon vous manger bio permettrait de garder la ligne et la santé ?

Les aliments bio sont plus sains et leur qualité nutritionnelle meilleure. Les fruits et légumes sont cultivés sans engrais chimiques et nécessitent deux fois plus de temps pour croître et donc absorber davantage de nutriments. La viande est exempte de facteurs de croissance et le label biologique restreint l’utilisation d’additifs à 34 substances, toutes d’origine naturelle. Bien sûr, ils contiennent aussi du sucre ou du gras. Bien entendu manger bio ne suffit pas si l’on n’équilibre pas ses repas !

>Votre méthode évoque une reprogrammation comportementale. En quoi cela consiste-t-il ?
Mon programme alterne des sessions théoriques pour décrypter l’offre alimentaire et mieux cerner ses besoins nutritionnels avec des ateliers pratiques pour apprendre à composer ses repas. Psychiatre de formation, j’utilise une méthode progressive pour cette «reprogrammation alimentaire». Je demande à mes patients d’expérimenter de nouveaux aliments et comportements sur une courte période, puis de renouveler l’expérience selon leurs envies, pour finir par les adopter définitivement !

Maigrir, mais pas à n’importe quel prix

Les experts en nutrition ont lancé en novembre2010 un cri d’alarme. Ils ont passé au crible les 15 régimes les plus pratiqués. Voici les résultats de leur analyse publiée par l’Agence nationale de sécurité alimentaire de l’alimentation (ANSES).

 

Une reprise pondérale assurée

80% des sujets regagnent leurs kilos en un an et le poids augmente avec le temps. Cette fluctuation peut entraîner un risque cardiovasculaire, des désordres métaboliques et des perturbations des systèmes endocriniens.

Un capital osseux entamé

Diminution de la masse minérale osseuse en moyenne de 1 à 2% pour une perte de poids de 10%. Encore plus marquée et rapide chez les femmes proches de la ménopause ou après. Risque de fractures, d’ostéoporose.

 

Un danger physique et psychique chez les enfants et les adolescents

Une diminution calorique associée ou non à une restriction protéique entraîne un ralentissement de la croissance et du développement pubertaire. À ces risques s’ajoutent des troubles de l’ovulation (aménorrhée) mais aussi tendinites, déminéralisation osseuse, notamment chez les jeunes sportives.

Une perte de la masse musculaire

Quel que soit le niveau d’apport protéique, l’amaigrissement ne se fait pas uniquement aux dépens des réserves de masse adipeuse mais provoque rapidement fatigue et perte de la masse musculaire.

Des troubles du comportement alimentaire

Le régime tend à court-circuiter les signaux physiologiques de faim et de satiété. Sur le plan comportemental, la perturbation, la restriction, aggravent très souvent le problème pondéral. La dépression et la perte de l’estime de soi sont les conséquences psychologiques fréquentes des échecs à répétition.

Un déséquilibre nutritionnel

Quasiment tous les régimes présentent des carences ou des excès. Certains ont des apports en protéines, lipides, sodium bien supérieurs à l’ANC (Apport Nutritionnel Conseillé), d’autres, en revanche, ont des apports inférieurs (glucides, fibres, fer, calcium, magnésium). Quant aux besoins en vitamines C et E, ils ne sont pas couverts pour un tiers des régimes et la vitamine D fait défaut dans 77% des cas. Avec des conséquences inévitables sur la santé. Les régimes très pauvres en calories peuvent induire de façon aiguë une mort subite en lien étroit avec des troubles du rythme cardiaque. Ils peuvent également provoquer des inflammations et fibroses au niveau hépatique, des calculs biliaires. Un déficit en graisses (acides linoléiques) a une incidence plus élevée sur le risque de récidive de tumeurs colorectales. Une carence en magnésium peut aggraver le risque d’arythmie cardiaque chez les femmes après la ménopause. Une surcharge protéinée et sodée peut engendrer un trouble métabolique qui se traduit par une fuite urinaire de calcium. Un bilan rénal s’impose pour les régimes hyperprotéinés. La restriction en sucre est fréquemment associée à des troubles digestifs passagers, notamment la constipation liée à la baisse de consommation de fibres.

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