Cigarette, cette fois j’arrête

Patchs, hypnose, médicaments… Il existe autant de méthodes que de candidats au sevrage. Comment choisir celle qui vous convient ?

Testez votre dépendance au tabac

Le test de Fagerström est la référence des médecins (répondez à toutes les questions).

A. Combien de cigarettes fumez-vous chaque jour ?

Moins de 15 = 0
Moins de 25 = 1
Plus de 25 = 2

B.Quel taux de nicotine y a-t-il dans vos cigarettes ?
Moins de 0,6 mg = 0
De 0,6 à 1 mg = 1
Plus de 1 mg = 2

C. Inhalez-vous la fumée ?
Jamais = 0
Parfois = 1
Toujours = 2

D. Fumez-vous plus le matin que l’après-midi ?
Oui = 1
Non = 0

E.À quel moment fumez-vous votre première cigarette ?
Immédiatement au lever = 2
Après le petit-déjeuner = 1
Plus tard = 0

F.Quelle cigarette trouvez-vous la meilleure ? (la plus indispensable ?)

La première = 1
Une autre = 0

G. Trouvez-vous difficile de ne pas fumer dans les endroits interdits (cinémas, lieux publics, trains, avions) ?

Oui = 1
Non = 0

H. Fumez-vous, même si une maladie vous oblige à rester au lit (angine…) ?
Oui = 1
Non = 0

TOTAL = …

Résultats

De 0 à 3 points : vous êtes peu ou pas dépendant.
De 4 à 6 points : vous êtes dépendant.
De 7 à 9 points : vous êtes fortement dépendant.
Plus de 10 points : vous êtes très fortement dépendant.

100 % des sevrés ont tenté leur chance ! Cela sonne comme une évidence, voire comme une publicité, c’est pourtant une vérité qu’aime à rappeler le docteur Marie Malécot, tabacologue au centre hospitalier Saint-Luc/Saint-Joseph à Lyon : « Il faut en moyenne quatre tentatives pour cesser de fumer, donc plus on essaie plus on a de chances d’y parvenir. L’essentiel est de ne jamais se décourager. »

Plus d’un fumeur sur deux s’arrête seul

Autre bonne nouvelle, il est tout à fait possible de s’arrêter seul de fumer. C’est même la majorité des cas. Marie Malécot et ses confrères tabacologues n’interviennent donc qu’auprès des autres, ceux qui butent sur la méthode. « La prise en charge personnalisée peut se faire avec un médecin généraliste ou un dentiste, le tabacologue n’est pas obligatoire », confirme le docteur Malécot qui ajoute : « Les meilleurs résultats s’obtiennent en mixant les patchs (ou timbres) aux substituts oraux sans craindre de charger la dose de nicotine. ll n’y a pas de danger, y compris pour les femmes enceintes. J’ajoute que l’on peut fumer avec un timbre. » Cette association, timbres, pastilles ou gommes, double les chances de succès. Elles sont encore doublées si l’on y ajoute une psychothérapie comportementale et cognitive. Les clés du succès seraient donc là : une simple association de techniques. Pas sûr car le degré de dépendance à la nicotine reste le facteur essentiel.

Déterminer son niveau de dépendance

Le test de Fagerström (voir ci-dessus) permet de classer les patients dans l’une des trois catégories suivantes : « Non ou peu dépendants » (50 % des fumeurs) ; « Moyennement dépendants » (20 % des fumeurs) ; « Fortement et très fortement dépendants » (30 % des fumeurs). Après avoir passé ce test, il est conseillé d’analyser sa consommation pour éviter le réflexe, voire le conditionnement, de casser ses habitudes. Si vous fumez une cigarette avec votre café, l’idée c’est peut-être de changer de boisson. À ce stade, il est capital de rappeler que si la volonté est nécessaire, elle n’est pas suffisante puisqu’il s’agit d’une dépendance. Il ne faut surtout pas se culpabiliser. Confirmation du professeur Yves Martinet, du CHU de Nancy et président du CNCT (Comité national contre le tabagisme) : « Ma consultation est complète et les candidats à l’arrêt ont tous les âges. Ils arrivent ici en me disant : “Docteur, je fume, je vais en crever, je le sais, mais je n’arrive pas à m’arrêter, c’est ma drogue.” »

La Finlande, l’Australie et la Nouvelle-Zélande ont décidé d’interdire totalement le tabac.

Sus aux substituts

Résultats du test en mains et habitudes décryptées, il ne reste plus qu’à utiliser les techniques proposées. À partir de « 4 » au test de Fagerström un sevrage sans aide médicamenteuse est le plus souvent possible. Une relation de qualité médecin traitant/malade, le soutien de l’entourage sont les meilleurs gages de succès. L’automédication (substituts nicotiniques) s’avère utile chez certains patients. Entre 5 et 6 au test (dépendance moyenne), il faudra utiliser les substituts nicotiniques. On peut associer les patchs ou timbres aux comprimés à sucer, gommes ou inhaleurs, cela donne de meilleurs résultats selon les praticiens. N’hésitez pas à questionner votre pharmacien. Lorsqu’ils sont prescrits par un médecin, ils sont remboursés par la Sécurité sociale à concurrence de 50 € par an (150 € pour les femmes enceintes). Ces substituts diffusent de la nicotine dans l’organisme et diminuent les symptômes de sevrage physique (effet de manque). Le traitement dure de deux semaines à deux mois, l’idée étant de baisser progressivement la dose de nicotine. Pour un mois de traitement associé, comptez 200 € de timbres et autant de gommes ou pastilles. Les inhaleurs sont plus chers, environ 1 000 € pour un mois. Concernant les doses, le docteur Malécot rappelle que si une cigarette équivaut à 1 mg de nicotine, une cigarette roulée égale 2 mg et un cigare 3 mg. « Le volume de nicotine de substitution doit être en rapport avec la consommation, sinon cela ne fonctionne pas. »

Arrêt sur ordonnance

Pour les fumeurs ayant une forte dépendance (7 et au-delà au test), une aide médicalisée est indispensable (médecins généralistes le plus souvent, ayant acquis une formation et une expérience dans l’aide à l’arrêt du tabac). Ils peuvent vous prescrire des médicaments, ceux-ci étant réservés aux fumeurs les plus dépendants. Ils agissent au niveau du cerveau, sur les neurotransmetteurs (dopamine et noradrénaline) pour compenser le manque de nicotine. Ils ne s’obtiennent que sur ordonnance (non remboursés) et peuvent parfois provoquer des insomnies ou des troubles anxieux. Pour un mois de traitement, comptez 300 €.

En douceur

Les petits et moyens fumeurs adeptes du naturel s’orienteront vers l’homéopathie. Un traitement de Nux vomica, Tabacum et Gelsemium revient à 40 €. L’hypnose peut être une solution, mais les résultats sont minces et les risques de rechute à 6 semaines sont assez fréquents (environ 100 € par séance). Les aiguilles ou le fil à l’oreille de l’acupuncture peuvent également attirer les férus de médecine chinoise (environ 300 € les 5 séances). Autant de méthodes qui ne sont pas validées par des études scientifiques, mais que les médecins ne déconseillent pas. Pour Marie Malécot, « elles ne sont pas dangereuses contrairement à d’autres. Il n’y a donc aucun problème à les appliquer. Dès lors que l’on y croit, elles peuvent s’avérer efficaces ». Une mansuétude que l’on abandonne lorsqu’il est question de la cigarette électronique : « On ne sait rien de ce produit. L’Organisation mondiale de la santé, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (qui est devenue l’ANSM), et des associations contre le cancer ont d’ailleurs tiré la sonnette d’alarme. »

Crohn et tabac la liaison dangereuse

Les maladies inflammatoires de l’intestin, maladie de Crohn et rectocolite hémorragique, concernent plus de 200 000 personnes en France. Si les causes précises de ces pathologies demeurent inconnues (on évoque la combinaison de facteurs génétiques et environnementaux à une mauvaise réponse immunitaire), on sait de façon certaine que le tabac multiplie par 2 le risque de développer la maladie de Crohn et qu’il aggrave son évolution en multipliant la fréquence des poussées et leur gravité. Très active, l’association de patients Francois Aupetit en partenariat avec l’Office central du tabagisme et le laboratoire Abbott a entrepris de sensibiliser les malades et de les aider au sevrage tabagique en réalisant 2 livrets de conseils, disponibles chez les gastro-entérologues ou sur www.afa.asso.fr et www.vousnetespasseul.fr. Depuis le début de l’année, une campagne d’information à destination du grand public relaie ce message. Pour témoigner votre solidarité et briser les tabous de ces maladies souvent considérées comme honteuses, vous avez été très nombreux à participer en prenant vos ventres en photo et en téléchargeant les images sur le site www.montronsnosventres.fr. C’est cette mosaïque de ventres, de vos ventres, qui signe l’image de cette campagne originale et ludique.

 

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