Infections à l’hôpital

Véritable problème de santé publique, les infections nosocomiales concernent près de 800 000 personnes. La mission nationale de médiation et d’information sur la sécurité des soins (MIDISS) répond à nos questions.

Qu’est-ce qu’une infection nosocomiale ?

Il s’agit d’une infection contractée dans un établissement de soins qui apparaît lors de l’hospitalisation (48 h après l’admission qui est le temps d’incubation du microbe) ou après la sortie de l’hôpital. On considère que toute infection du site opératoire qui se révèle dans les 30 jours suivant une intervention chirurgicale est a priori nosocomiale. Ce délai est porté à un an pour les infections survenant en cas de mise en place de matériel prothétique (prothèse articulaire, matériel métallique de fixation ou de suture).

Comment surviennent-elles ?

L’hôpital et la clinique hébergent de nombreux germes (virus, bactéries) provenant des patients et du personnel, du matériel de soin et des surfaces qui sont recouverts naturellement de microbes, de l’environnement (l’air, l’eau, l’alimentation, contiennent des germes qui ne sont pas dangereux dans les conditions normales mais peuvent provoquer des infections chez les patients fragiles). Le malade peut s’infecter avec ses propres germes (infections d’origine endogène) ou il peut s’agir d’infections d’origine exogène (infections transmises d’un malade à l’autre, provoquées par les germes du personnel, du matériel, des instruments).

Quels sont les facteurs pouvant augmenter les risques de contracter une infection nosocomiale ?

Quel que soit son mode de transmission, l’apparition d’une infection nosocomiale est favorisée par la situation médicale du patient. Son âge, sa pathologie. Les personnes âgées, les immuno-déprimés, les nouveau-nés, particulièrement les prématurés, les polytraumatisés et les grands brûlés sont très réceptifs.
Les traitements (antibiotiques qui déséquilibrent la flore et sélectionnent les bactéries résistantes, immunosuppresseurs). La réalisation d’actes invasifs (comme la pose d’une perfusion, d’une sonde urinaire, les opérations chirurgicales) nécessaires au traitement. 

Cela explique que les infections soient plus fréquentes dans les services de réanimation où les patients, déjà fragilisés par leur maladie, sont ventilés, sondés, perfusés, plutôt qu’en médecine interne où les actes invasifs sont moins fréquents et où les patients accueillis sont généralement moins fragiles.

Comment les prévenir ?

En médecine, le risque zéro n’existe pas. Pour cette raison, il n’est pas toujours possible d’éviter les infections nosocomiales. Il est par contre tout à fait possible d’en limiter la fréquence et la gravité, en respectant scrupuleusement de simples règles d’hygiène.

  • Pour les visiteurs :
    • Se laver les mains avant et après la visite d’un malade afin d’éviter la transmission de germes.
    • Ne pas entrer dans les secteurs de soins en cas d’infection des voies respiratoires ou toute autre maladie contagieuse.
    • Accepter qu’un malade contagieux soit placé en isolement, particulièrement adapté à la prévention de la transmission de bactéries résistantes aux antibiotiques.
    • Ne pas apporter de plantes en pot et de fleurs coupées dans les services recevant des patients immuno-déprimés ou à risque (réanimation, néonatalogie…).
  • Pour le patient :
    • Observer les consignes de préparation chirurgicale comme la douche antiseptique ou la dépilation de la zone opératoire. Ne pas manipuler personnellement les cathéters, les sondes ou les drains.
  • Pour le personnel soignant :
    • Respecter l’hygiène des mains entre deux patients.
    • Porter des gants, une surblouse, un masque.
    • Contrôler le matériel et faire en sorte qu’il soit à chaque fois que possible à usage unique.
    • Nettoyer et désinfecter, entre chaque patient, le matériel et les surfaces.

Sont-elles fréquentes ?

En 2006, une enquête* a été réalisée par l’Institut de veille sanitaire dans 2 337 établissements de santé. Les résultats montraient qu’un malade sur vingt présentait une ou plusieurs infections nosocomiales actives. On dénombre 750 000 cas d’infections chaque année. Les services de réanimation où les patients sont plus affaiblis et subissent plus de soins sont davantage touchés (22,4 % de patients infectés). Les infections urinaires (30,3 %) sont les plus fréquentes devant les pneumopathies infectieuses (14,7 %) et les infections du site opératoire (14,2 %).

Peut-on en mourir ?

Les infections urinaires, qui représentent les infections nosocomiales les plus fréquentes, sont en général sans gravité. En revanche, certaines infections pulmonaires ou certaines septicémies (infections provoquées par des agents pathogènes présents dans le sang) peuvent être très graves et, parfois, entraîner la mort. Plus le patient est fragilisé, plus l’infection sera grave. Le nombre de décès attribuables aux infections nosocomiales a été 
récemment évalué à partir du CCLIN Paris Nord (Centre de coordination de la lutte contre les infections nosocomiales) qui estime que l’infection nosocomiale est la cause directe d’environ 4 200 décès par an.
Merci au docteur Bruno Landi. 

*Enquête nationale de prévalence 2006 des infections nosocomiales. Institut national de veille sanitaire. 

Agenda

Les États Généraux des infections nosocomiales, organisés par l’association Le lien, se tiendront le 2 et le 3 février 2009. Entrée gratuite.
Palais des congrès, 2, place de la porte Maillot, Paris 17e.
www.eg-noso.com.

 

www.securitesoins.fr

Une structure indépendante d’écoute et d’information sur les risques liés aux soins.

  • Un interlocuteur réactif et attentif apportant à chaque individu une réponse personnalisée à propos de son histoire médicale.
 Un espace de médiation capable de rapprocher patients et professionnels de santé.
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  • Un observatoire des accidents médicaux, infections nosocomiales, actes de maltraitance rapportés par les patients.

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