L’asthme en questions

Classé 3e fléau mondial par l’OMS, l’asthme concerne 7 % des Français. Une bonne prise en charge, des traitements adaptés et le respect de quelques règles d’hygiène permettent de vivre normalement.

C’est quoi l’asthme ?

Cette maladie chronique se manifeste par des crises plus ou moins sévères et rapprochées. Lors d’une crise d’asthme, la paroi des bronches gonfle, ce qui entraîne un rétrécissement de leur calibre et réduit le débit de l’air inspiré et expiré. La respiration est sifflante, on tousse, on a l’impression d’étouffer. À chaque crise il faut avoir recours à un broncho-dilatateur qui soulage immédiatement en desserrant le muscle bronchique. Mais lorsque les crises sont trop fréquentes on doit également agir sur l’inflammation des bronches avec des micro-doses de corticoïdes qui vont décongestionner la muqueuse. Pour ces deux traitements, on a essentiellement recours à des molécules inhalées qui se déposent localement sur la muqueuse respiratoire. Les symptômes de l’asthme disparaissent souvent à l’adolescence sans qu’on se l’explique ni que l’on puisse parler de guérison. 

Se soigner devient simple

Pour les tout petits, on utilise un masque ou un embout buccal, relié à une boîte où l’on vaporise le produit. Pour les adultes, il existe plusieurs types de dispositifs qui ne sont pas toujours faciles à manipuler. Bonne nouvelle, un nouveau système qui se déclenche sur une simple inspiration est désormais disponible.

 

Existe-t-il des causes ?

Les pneumologues les recherchent d’abord dans les facteurs génétiques, surtout pour les enfants. S’il y a dans la famille (parents ou fratrie) des gènes de sensibilité, c’est-à-dire des antécédents d’allergies (asthme ou rhinite, rhume des foins, eczéma, sensibilité oculaire voire intolérances alimentaires), on sait que les enfants ont plus de risques de développer une de ces allergies. L’influence de l’environnement est indéniable et se vérifie par l’augmentation des allergies lors des dernières décennies. La corrélation entre l’inhalation des particules fines, essentiellement émises par les moteurs diesel, la fréquence et la sévérité des crises d’asthme a été démontrée. La pollution intérieure dans les logements est également en cause : exposition aux acariens et aux poils de chiens et chats (en 30 ans, l’acquisition d’animaux domestiques a presque doublé). Autres facteurs de pollution, les concentrés organiques volatils (COV), solvants de peintures, colles de mobilier et de parquets. «Peinture, moquette, meubles et berceaux en aggloméré, on peut multiplier par deux le risque de problèmes respiratoires du tout petit dans ses 4 premières années, en refaisant sa chambre juste avant sa naissance», insiste le docteur Phamthi, pneumo-allergo-pédiatre à l’hôpital Necker à Paris. L’air froid, les émotions fortes et certains médicaments comme les anti-inflammatoires, les bêtabloquants ou même l’aspirine peuvent être aussi à l’origine du déclenchement d’une crise. 

Peut-on prévenir la maladie ?

Dès la grossesse, il est indispensable de lutter contre le tabagisme actif ou passif qui affecte directement les voies respiratoires du foetus et du nouveau-né. Côté alimentation, il semblerait que les oméga 3 aux propriétés anti-inflammatoires soient bénéfiques. Future maman et enfants gagneraient à consommer sardines et maquereaux en boîte et huile de colza qui en sont riches. Contre les acariens, passez l’aspirateur, aérez souvent et supprimez les moquettes. L’allaitement est une bonne protection. Pendant la première année de vie, la prise de certains médicaments est également sur la sellette. Le paracétamol est corrélé à l’apparition de l’asthme dans les cinq années suivantes, indique un article récent de la revue médicale The Lancet. On soupçonne également les antibiotiques de modifier la réponse à l’environnement en détruisant la flore intestinale, pièce importante du système immunitaire. «La flore des enfants allergiques est plus fragile, observe le docteur Phamthi. Pour cette raison, l’allaitement est très important. Il protège l’enfant de nombreuses allergies (intolérance aux protéines de lait de vache, eczéma…). Quelle qu’en soit la durée, de trois à six mois, les bénéfices sont considérables.» 

Inhalation mode d’emploi

Êtes-vous sûr d’utiliser correctement votre broncho-dilatateur ? Pour de trop nombreux patients, la réponse est non. Pour faire le point, rendez-vous dans l’une des 300 pharmacies du groupe PHR* qui participent à l’opération RESPHIR. Vous pourrez suivre un «mini-cours» : aide à la manipulation, respiration synchronisée, prise du juste nombre de bouffées… L’opération est menée pendant les mois de mai à juillet 2009. En remplissant sur place un questionnaire, vous aiderez à la compréhension de la maladie.

*Liste disponible sur simple appel au 01 55 20 93 70. Contact : Laurent Dubin.

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