Le cancer du sein

Avec près de 45 000 nouveaux cas par an, le nombre de cancers du sein découverts chaque année a doublé en 20 ans, essentiellement en raison du vieillissement de la population (les cancers ayant le temps de se manifester). Mais comme ils sont détectés de façon précoce grâce au dépistage, que les traitements sont plus nombreux, et surtout de mieux en mieux adaptés, leur évolution est dans la grande majorité des cas favorable.

À quel âge le dépistage ?

Les campagnes de dépistage systématique, où les femmes sont invitées, tous les deux ans, à passer une mammographie (une simple radiographie des seins), sont destinées aux plus de 50 ans. Avant, du point de vue de la santé collective, l’examen a moins d’intérêt puisqu’il est moins fiable (les images sont plus délicates à interpréter) et qu’il met moins de cancers en évidence, la moyenne d’âge des femmes touchées par la maladie étant de 55 ans environ. Ce n’est qu’une moyenne… Ce qui signifie que les trois quarts des cancers du sein se déclarent entre 47 et 63 ans. La leçon de cette histoire ? Soyez vigilante avant 55 ans, d’autant que cette moyenne sera probablement revue à la baisse, les cancers du sein survenant de plus en plus tôt.

Le temps de la  première mammographie

Quand faut-il réaliser la première mammographie ? À partir de 30 ans et bien entendu au moindre doute ! En tout cas, dès 25 ans, apprenez à connaître la consistance de vos seins, en les palpant une fois par mois, de préférence sous la douche et en début de cycle. N’oubliez pas le creux de l’aisselle où sont abrités les ganglions. L’autopalpation est le plus sûr moyen avant le dépistage systématique dès 50 ans de détecter une modification, qui sera confirmée par une mammographie et/ou une échographie.

De mère en fille ?

Le risque familial commence à trois cancers minimum dans la famille proche (soeur, mère, tante), moins si le cancer du sein est bilatéral et/ou touche une jeune femme de moins de 35 ans. Il s’agit sinon d’un cancer dit « accidentel » comme en connaissent la majorité des femmes touchées par un 
cancer du sein en France.
C’est sur l’arbre généalogique des cancers de la famille que l’on évoque un risque de cancer héréditaire. Le terrain familial est ensuite exploré de façon plus précise lors d’une consultation d’oncogénétique et, une fois le gène prédisposant identifié, ces femmes sont surveillées comme le lait sur le feu. Une femme sur 200 est concernée.

 

Le diagnostic en un jour

Dans la plupart des cas, 70 % environ, le diagnostic peut être confirmé grâce à un examen pratiqué sous anesthésie locale dans un cabinet de radiologie ou un service de cancérologie. Il consiste à retirer quelques cellules à l’aide d’une aiguille et à les analyser. Si cela ne suffit pas, une petite carotte de tissu est prélevée, toujours sous anesthésie locale. Une opération diagnostique qui est parfois réalisée en une journée dans des structures dédiées que possèdent certains grands centres spécialisés comme l’institut Gustave-Roussy à Villejuif. Une économie de temps et surtout d’angoisse, dans l’attente des rendez-vous, des examens et de leurs résultats.

90 %

de guérison quand le cancer du sein est dépisté et traité tôt.

Des traitements sur mesure

Ce qui fait la gravité d’un cancer, c’est sa capacité à essaimer, via ses cellules, en métastases. Au-delà donc du traitement local, chirurgical, de la tumeur (on enlève la boule uniquement ou le sein), souvent complété par une radiothérapie pour éviter une récidive ou un second cancer, la suite des événements dépendra de l’estimation de ce risque d’invasion, calculé par une équipe (biologiste, médecin, chirurgien, radiothérapeute, etc.). Toutes les options thérapeutiques sont envisageables à condition qu’elles s’appliquent à votre cas particulier. Ainsi, vous pouvez recevoir une chimiothérapie avant l’intervention, qui réduit le volume du cancer, pour que la chirurgie soit éventuellement moins mutilante. Ou être traitée par les médicaments après l’intervention, lorsque la tumeur a été explorée sous toutes les coutures.
À la place ou en association avec des molécules qui tuent les cellules cancéreuses (la chimiothérapie classique) et en fonction de l’analyse biologique et génétique de la tumeur, celle-ci peut « mériter » un traitement par des hormones et/ou une thérapie ciblée (le trastuzumab). Ces médicaments tuent les cellules cancéreuses uniquement et épargnent les cellules saines. La découverte de cette molécule a constitué une révolution dans le traitement du cancer du sein, avec à la clé une diminution de près de 50 % du risque de rechute.

La recherche avance

Comme c’est habituel lors des essais de médicaments en cancérologie, les nouveaux traitements sont d’abord testés sur les cas les plus difficiles. Puis, au fur et à mesure des résultats, les médicaments sont proposés aux cancers moins avancés. Ainsi, ceux qui asphyxient la tumeur (bevacizumab) sont maintenant employés pour les cancers à métastases et ils sont actuellement proposés, à titre expérimental encore, à certaines femmes dont le cancer est localisé.  De nouvelles classes d’anticancéreux ont aussi été découvertes. L’ixabepilone a démontré son efficacité sur des femmes en échec thérapeutique atteintes d’un cancer métastatique résistant. Il agit en contournant les mécanismes de résistance aux chimiothérapies, considérées comme les plus efficaces. Une nouvelle molécule (lapatanib) qui cible spécifiquement un récepteur de la tumeur, à prendre en comprimé (donc moins pénible et avec peu d’effets secondaires), vient d’obtenir son autorisation de mise sur le marché. Elle permet un allongement de la survie sans progression de la maladie chez les femmes atteintes d’un cancer du sein avancé. Elle est préconisée après l’échec de deux traitements classiques de première intention.  Dans les tuyaux de l’industrie enfin, des molécules qui « énervent » le système immunitaire, qui bloquent l’environnement tumoral ou qui « invitent » les cellules cancéreuses à mourir, sans dommage collatéral.

Les effets secondaires, de mieux en mieux contrés

En tête, la fatigue. Elle a de multiples causes, une éventuelle anémie, l’anxiété, les troubles du sommeil, les traitements… Ces causes sont à traiter une par une : la solution n’est pas toujours un médicament. Les nausées, qui ne sont pas systématiques, sont aujourd’hui maîtrisées par des anti-vomitifs puissants. Une « charlotte » et des moufles réfrigérantes peuvent empêcher les chutes de cheveux et d’ongles. La liste n’est pas exhaustive…

La chimiothérapie

Le principal traitement d’un cancer du sein est son ablation. La chimiothérapie qui suit pour éviter l’apparition de métastases ne serait utile que pour une partie des femmes dont les ganglions sont indemnes, un tiers d’entre elles probablement, et bien sûr pour toutes celles dont les ganglions sont touchés. Jusqu’ici, principe de précaution oblige, toutes en recevaient, que leurs ganglions abritent ou non des cellules cancéreuses. Grâce au test MammaPrint ® encore en cours de validation, on pourra bientôt évaluer le risque de récidive et de formation de métastases et ainsi décider de l’intérêt ou non d’une chimiothérapie.

La reconstruction, tout de suite ou après-coup

Il n’est pas obligatoire de faire reconstruire son sein, les prothèses dites externes font de mieux en mieux illusion. Mais, si l’on choisit cette intervention, il faut idéalement la prévoir en même temps que l’ablation du sein, et ce dans le cas où des traitements 
complémentaires, chimio et/ou radiothérapie, ne sont pas programmés (ce que l’on sait dès la ponction ou la biopsie). 
Sinon, la reconstruction, à l’aide d’une prothèse en gel de silicone ou de lambeaux prélevés sur soi, est réalisée au moins six mois après une chimiothérapie, un an après une radiothérapie.

Du soutien à toutes les étapes

La consultation d’annonce est aujourd’hui officiellement mise en place dans tous les centres anticancéreux dignes de ce nom, elle aide les patientes à accepter l’épreuve de la maladie. Et les consultations suivantes font aussi l’objet d’une attention particulière. On y explique de façon transparente les protocoles de traitement, les changements de cap thérapeutiques. On propose l’aide d’un psychologue spécialisé (un psycho-oncologue) et, selon les centres, un rendez-vous avec une esthéticienne, un ostéopathe, un auriculothérapeute… Vous devez vous sentir écoutée et en sécurité.

Merci au Pr Xavier Pivot, chef du service 
de cancérologie du CHU de Besançon.

Carnet d’adresses

• Cancer info service : 0 810 810 821.

Ligue nationale contre le cancer : 01 53 55 24 00,
www.ligue-cancer.net.
Pour connaître les coordonnées des comités départementaux : 0 810 111 101.

Étincelle : 27 bis, avenue Victor-Cresson,
92130 Issy-les-Moulineaux, 01 44 30 03 03. Une structure d’accueil et de soutien créée par notre consoeur journaliste Josette Rousselet-Blanc.

Sophie Kune : consultante en image, a créé un blog en partenariat avec Roche sur l’onco-esthétique. Un espace d’échange pour aider les femmes atteintes d’un cancer du sein à mieux vivre leur féminité www.femmesavanttout.typepad.fr

Association francophone de l’après-cancer du sein : une association de médecins gynécologues et généralistes formés à la gestion de « l’après », présidée par le Dr Christian Jamin. Elle vient de lancer une grande enquête sur les femmes qui ont eu un bébé après un cancer du sein.
Information au n° vert : 0 800 770 736.

Nouveau : un site de vulgarisation scientifique
dédié au cancer dont le contenu a été développé avec l’Institut national du cancer www.e-cancer.fr

 

A LIRE

Comment annoncer la maladie à ses enfants ? Qui mange salade jamais malade ! est écrit par une maman qui s’est trouvée confrontée à cette situation difficile. Un livre plein d’humour et de tendresse. 
Disponible gratuitement dans les centres de lutte contre le cancer, ou consultable sur www.sor-cancer.fr

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