Le stérilet, une contraception de choix

De nombreuses études pointent une meilleure efficacité des dispositifs intra-utérins par rapport à la pilule.

Dorénavant les sages-femmes peuvent prescrire tous les contraceptifs,
poser, suivre et retirer les stérilets.

Nombre d’avortements, sur les plus de 200 000 qui ont lieu chaque année en France, se produisent chez des femmes qui étaient sous contraception. Cet échec de la contraception peut être dû à des oublis de pilule. « Si les efficacités théoriques de la pilule et du stérilet sont identiques, il est maintenant bien décrit que ce dernier “dans la vraie vie” est supérieur pour empêcher la survenue d’une grossesse non désirée », explique Dominique Gaudry, gynécologue du Planning familial. L’une des dernières études, publiée en mai dans le New England Journal of Medecine, estime l’échec de contraception à 4,5 % avec la pilule, le patch ou l’anneau vaginal, contre 0,2-0,4 % chez les femmes utilisant un stérilet hormonal, 0,5-1 % pour le stérilet en cuivre. Le risque de grossesse non désirée sous pilule, patch ou anneau est de surcroît presque doublé chez les jeunes filles de moins de 21 ans. Or le stérilet est également recommandé par la Haute autorité de santé chez les jeunes filles qui n’ont pas eu d’enfants. Les réticences de certains gynécologues sont donc sans aucun fondement scientifique. (Selon l’étude Fecond-INSERM publiée en septembre 2012, 69 % des gynécologues et 84 % des généralistes considèrent encore que le stérilet n’est pas indiqué chez une femme qui n’a pas eu d’enfants.)

Il existe des contre-indications

Une grossesse suspectée exclut son usage, tout comme des antécédents de grossesses extra-utérines. Une infection en cours doit être préalablement traitée, d’où la nécessité, avant la pose, d’un examen gynécologique. Des antécédents de salpingite, une infection des trompes de Fallope, sont également rédhibitoires. Pour le stérilet au cuivre, sont également exclues les femmes présentant une allergie au cuivre, des troubles de la coagulation ou des règles hémorragiques.

Sortir du tout pilule

Il existe deux sortes de stérilets. L’un au cuivre, l’autre hormonal. Ils agissent majoritairement en empêchant la fécondation. Le cuivre est toxique pour les spermatozoïdes et modifie l’environnement dans les trompes. Il crée une réaction dans la muqueuse utérine qui prévient également une nidation dans les rares cas où la fécondation aurait pu se produire. Il peut être utilisé comme contraceptif d’urgence jusqu’à cinq jours après un rapport à risque. Le stérilet hormonal quant à lui entraîne un épaississement de la glaire. Il empêche le passage des spermatozoïdes, et donc la fécondation. Il rend la muqueuse utérine très fine d’où une possible disparition des règles. De plus il ne bloque pas l’ovulation. Chaque mois, les femmes ovulent mais elles ne sont pas fécondées. Il est indiqué chez toutes les femmes, y compris celles qui ont des règles très abondantes ou douloureuses. Une version de petite taille adaptée aux très jeunes filles devrait sortir avant la fin de l’année 2013. « Ces deux types de stérilets peuvent être une bonne solution pour les femmes qui oublient régulièrement de prendre la pilule ou qui ne la supportent pas car elles ont du cholestérol, du diabète ou une phlébite », précise le docteur Gaudry. Le stérilet hormonal ne contient en effet pas d’analogue d’oestrogène. « Il faut sortir du tout pilule et dire aux jeunes que le stérilet peut leur correspondre. Mais surtout comprendre que la meilleure contraception est celle que l’on choisit », martèle la gynécologue. Un choix pour le moment entravé par le prix des stérilets, qui ne sont remboursés qu’à 65 % par l’Assurance maladie.

Pilule un accès facilité

Depuis un décret publié le 26  juillet, la pilule du lendemain peut être délivrée gratuitement par la médecine préventive à l’université. « Nous attendons des garanties sur les moyens mais il s’agit d’une avancée favorable », estime Vanessa Favaro de La Mutuelle des étudiants. Autre mesure, adoptée le 19 juillet, la possibilité pour les pharmaciens de délivrer la pilule contraceptive avec une ordonnance périmée de moins d’un an, pour six mois non renouvelables. « Le but est d’éviter la rupture de contraception, souligne le docteur Gaudry. Cela ne résout pas le problème des dépassements d’honoraires chez le gynécologue mais les jeunes filles doivent aussi savoir qu’elles peuvent obtenir un contraceptif chez un généraliste ou dans un centre de planification. »

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