Tabac : les méthode pour arrêter

Responsable de plus de 66000 décès par an en France, le tabac pourrait tuer 8 millions de personnes par an dans le monde d’ici 2030. Malgré ces chiffres, le combat contre la cigarette n’est toujours pas gagné. Il n’existe pas de méthode miracle, mais des solutions pour vous accompagner.

Pour choisir le traitement le mieux adapté, il faut avoir fait le point sur votre rapport au tabac. Remplissez pendant quelques jours votre tableau de consommation de cigarettes (sur le site www.tabac-info-service.fr) pour comprendre quelles situations vous amènent à fumer. Vous choisirez ensuite votre traitement en fonction de vos attentes et d’éventuelles contre-indications.

Les substituts nicotiniques

Ces médicaments, sous forme de patchs ou de forme orale (gommes, pastilles, inhaleur), se substituent, comme leur nom l’indique, à la nicotine. La nicotine des substituts, à la différence de celle de la cigarette, est distribuée de façon continue dans le corps et atteint le cerveau lentement, sans le shoot de la cigarette qui crée la dépendance et sans les fumées cancérigènes associées. Ce sont elles et les goudrons qui sont dangereux pour la santé. La nicotine en substitut aide même à fermer les récepteurs spécifiques qui entretiennent la dépendance, récepteurs ouverts et alimentés pendant les années de tabagisme. Pour mieux évaluer la force de la substitution, on mesure sa dépendance grâce au test de Fagerström. L’heure de la première cigarette et le nombre de cigarettes fumées dans la journée sont des indicateurs précieux pour vous permettre de décrocher.

Vous désirez arrêter rapidement

Le patch est le plus pratique. Il est souvent associé aux formes orales de nicotine. Les gros fumeurs en mettent deux, voire trois, au plus fort dosage. On peut le garder 16 heures sur 24 ou bien 24 heures si l’envie de fumer débute dès le lever. Il délivre à doses continues la nicotine nécessaire pour éviter de souffrir du manque. On peut y ajouter une forme orale afin de ne pas succomber à une envie ponctuelle comme la cigarette après le repas ou au téléphone.

Vous désirez arrêter progressivement
Fixez-vous une date d’arrêt, dans les 6 semaines qui suivent, et supprimez, pendant les 3 premières semaines, les cigarettes les plus faciles. Quand le manque se fait sentir, mâchez des gommes, sucez un comprimé. Tout est bon à condition de choisir le dosage, le goût et la forme qui vous conviennent. Même programme les 3 semaines suivantes, mais vous éliminerez des cigarettes de plus en plus difficiles. Au bout de 6 semaines, la date fixée est arrivée. Si vous éprouvez toujours la sensation de manque, continuez à utiliser les substituts. Il n’existe pas de risque grave de surdosage. Si vous en prenez trop les signes sont les mêmes que lorsque vous avez beaucoup fumé : bouche pâteuse, nausées, maux de tête. Il n’existe pas de contre-indications à ce type de produits, même pour les femmes enceintes. Les semaines suivantes, vous devriez pouvoir diminuer les doses. Une diminution qui doit se faire en douceur, sans que vous ressentiez le manque de manière désagréable. Si c’est le cas, vous avez été trop vite, revenez à un dosage plus fort.

Arrêt sur ordonnance

Il existe deux médicaments sur prescription médicale. La dernière molécule mise sur le marché est la varénicline (Champix). Ce n’est pas un produit de substitution puisqu’il ne délivre pas de nicotine. Il agit cependant sur les récepteurs nicotiniques du cerveau et réduit le besoin impérieux de fumer ainsi que le plaisir qui y est associé.

Les petits et gros « coups de pouce »

Pour venir à bout de la dépendance psychologique, il existe d’autres méthodes, même si elles n’ont pas prouvé individuellement leur efficacité sur la durée. Elles peuvent permettre d’améliorer les chances de succès.
Yoga, sophrologie, hypnose, thalassothérapie, tous les essais sont permis et les idées bienvenues sur le chemin semé d’embûches qui mène à l’abstinence… et à la liberté ! Les thérapies cognitives et comportementales pour modifier un système de pensée et une gestuelle (ne plus dégainer sa cigarette au premier stress) sont efficaces, à condition de se rapprocher d’un médecin formé à la technique. L’acupuncture est semble-t-il plus adaptée dans les cas de faible dépendance. L’homéopathie aide indirectement au sevrage en régulant l’irritabilité, les troubles du sommeil et l’anxiété. L’hypnose par suggestion (la fumée est un poison, dont le corps doit se protéger) réduit l’envie de fumer, augmente le désir d’arrêter et mobilise les ressources inconscientes pour atteindre cet objectif.

Merci au Dr Marion Adler, unité de tabacologie à l’hôpital Antoine-Béclère, Paris.

2 acteurs de santé s’engagent

Le groupe de pharmaciens PHR*, fort de ses 2 000 adhérents, s’engage aux côtés de Viamedis, société de gestion du tiers payant (qui vous dispense d’avance de frais) pour mener des actions de dépistage et d’éducation thérapeutique dans les officines. Un exemple : dans la lutte contre le tabac, PHR offre à ses adhérents un kit qui leur permet de diffuser gratuitement de la documentation. Les pharmaciens auront également la possibilité  de proposer à leurs clients des tests pour les aider à évaluer leur dépendance et pour les suivre tout au long de la délicate période du sevrage. Un partenariat qui prolonge la volonté de ces deux professionnels de s’associer dans une politique de prévention santé.
*Le groupe PHR est actionnaire 
de Pause Santé.

2 peurs qui font fléchir

> Peur de grossir
La nicotine est un excellent coupe-faim. Ne remplacez pas une addiction par une autre, le grignotage. Et mettez en place des garde-fous (activité physique, alimentation équilibrée et, bien sûr, substituts nicotiniques) pour passer le cap.

> Peur d’être insupportable ou de déprimer
La nicotine est aussi euphorisante. L’arrêt peut révéler un trouble de l’humeur sous-jacent. Au premier signe de dépression (fatigue du matin, ralentissement), consultez.

Carnet d’adresses

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