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ASSOCIATION

Sidaction, 15 ans de lutte contre le VIH

10 Mars 2009 par Olivier Rescanière

À la fois association et grand rendez-vous annuel de collecte de fonds, Sidaction est devenu en 15 ans un acteur phare du combat contre le VIH en France. Entretien avec Éric Fleutelot*.

 

Quelle est la particularité du modèle Sidaction ?

En France, le silence autour de l'épidémie du SIDA est brisé seulement à l'occasion de la journée mondiale de lutte contre la maladie, le 1er décembre, et lors du Sidaction chaque année au printemps. C'est devenu un rendez-vous incontournable grâce au soutien des médias qui, une fois par an, nous permettent de toucher tous les publics. Nous avons montré qu'il était possible de faire à la fois de la prévention et de la collecte de fonds, et beaucoup d'autres pays nous envient ce modèle.

 

Quels sont aujourd'hui les principaux axes de travail de Sidaction ?

Sidaction n'a pas choisi d'angle spécifique. Nous développons des programmes de recherche, de prévention ou d'aide aux malades qui répondent avant tout aux besoins des personnes séropositives en faisant travailler ensemble les acteurs de la société civile, du système de santé ou de la recherche. Nous avons soutenu en 2008 près de 130 projets d'associations et 50% de nos fonds vont à la recherche, ce qui est unique en France pour une association de lutte contre le SIDA. En 2008, 50 bourses ont été accordées à de jeunes chercheurs qui assureront la relève pour demain. Dans les pays en développement, Sidaction favorise l'accès aux soins et aux traitements. Nous avons de plus des programmes d'amélioration de la prise en charge pédiatrique en Afrique, d'autres à l'intention d'usagers de drogue au Népal ou encore de prostituées en Inde.

 

En France, quelles sont les priorités de la lutte contre le VIH ?

En France, avec 150 000 séropositifs et 6 500 nouvelles infections par an, l'épidémie est loin d'être sous contrôle. Des personnes séropositives sont encore exclues du système de santé. La prévalence du VIH en milieu carcéral est jusqu'à 8 fois plus élevée qu'à l'extérieur, l'accès aux soins y est déficient et la prévention quasi absente. Il faut aller au-devant de ces populations en renforçant le dépistage et la prévention. Il faut aussi travailler sur l'impact social du virus qui stigmatise et précarise. Le taux de chômage est deux fois plus important chez les séropositifs. Nous sommes animés par un souci de justice. Nos succès en matière de lutte contre le SIDA n'auront de valeur que s'ils sont accessibles à tous.

 

L'État s'engage-t-il suffisamment ?

Pour l'État, la lutte contre le SIDA n'est plus une priorité. Il cherche à faire des économies et manque de volonté politique. Les campagnes de prévention sont ponctuelles alors qu'elles sont nécessaires en permanence car elles ont une durée de vie limitée auprès du public. Nous sommes inquiets quant au financement de l'accès aux soins. Traiter son VIH ne veut pas seulement dire obtenir une prescription auprès de son médecin.

 

VIH, dépister plus !

Aujourd'hui en France, 75% des patients sous trithérapie ont une charge virale indétectable. Pour beaucoup, l'infection au VIH est devenue une maladie chronique. L'efficacité des traitements ne doit pas faire pas oublier que, selon le rapport du professeur Yéni datant de 2008, 30 000 personnes ignorent encore leur séropositivité et qu'un tiers des nouveaux cas annuels de VIH sont diagnostiqués à un stade avancé de la maladie. Le dépistage est donc un des piliers de la lutte contre le VIH. Les associations se mobilisent depuis 2007 pour l'autorisation du test rapide sanguin. Utilisé aux États-Unis depuis 2002, il donne un résultat en 30 minutes après une simple ponction d'une goutte de sang au bout du doigt. Cet outil permet de repenser le dépistage à l'exemple de l'association AIDES qui l'expérimente actuellement de manière démédicalisée, en local associatif. À ce jour, ces tests sont autorisés uniquement dans le cadre de recherche biomédicale, le ministère de la Santé pourrait prochainement leur accorder une autorisation temporaire d'utilisation.

 

8e édition du Sidaction les 20, 21 et 22 mars prochains

Comme chaque année, 11 chaînes de télé et 5 radios appelleront à la générosité du public et relaieront, durant les 72 heures de l'opération, des messages de prévention et d'information sur l'épidémie de VIH en France et dans le monde. Pas moins de 4 500 bénévoles se mobiliseront pour l'occasion. L'année dernière, 6,3 millions d'euros ont été récoltés lors de cette opération médiatique unique au monde.

 

* Eric Fleutelot est directeur général adjoint à l'international de Sidaction.

 

En bref

Pour soutenir la lutte contre le SIDA,  vous pouvez effectuer vos dons :
  • Par téléphone en composant le 110 du 9 mars au 10 avril (numéro gratuit).
  • Par SMS (non surtaxé) en composant le 33 000 suivi de DON.
  • Par Internet sur le site www.sidaction.org.

 

 

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