Abonnez-vous au flux RSS de pausesante.fr

Accueil du site > Santé prévention > Tout ce que la capote peut vous éviter

 


Photo © Pando Hall/gettyimages ; Veer

SANTÉ

Tout ce que la capote peut vous éviter

16 Juillet 2009 par Luc Biecq

Indispensable moyen de prévention, le préservatif est le seul à vous protéger du sida et des IST*.

 

Croire en 2009 que les femmes sont bien informées au sujet des IST est une erreur. Carine Favier, infectiologue à l'hôpital 
de Montpellier et responsable de la commission sida du planning familial, explique que les IST sont encore perçues comme un problème masculin et passées sous silence en consultation. « Parler des IST, c'est parler des pratiques sexuelles, et si les médecins savent parler de l'anatomie, ils ne sont pas à l'aise pour parler de la sexualité.» Une enquête menée en 2003 par le Collège national des gynécologues et obstétriciens français montrait que 58,2 % des femmes avaient consulté un de ces spécialistes à l'occasion d'une grossesse. « Nous constatons que les gynécologues ont une pratique médicale très tournée vers la procréation et la contraception, précise le docteur Favier. Avec les ados, les gynécos abordent plus facilement la question des préservatifs. Hélas, ils y pensent peu avec les femmes de plus de 20 ans. » Dans plus de 80 % des cas, les ados utilisent le préservatif lors de leur première relation mais son utilisation ne perdure pas. Le pic des IST concerne donc logiquement les femmes de 20 à 35 ans.

 

Qui informe qui ?

Les femmes ne sont pas assez informées et, en dehors de la relation de couple, l'usage du préservatif n'est pas systématique. Pour quelles raisons ? « Parce qu'on ne pense pas que les femmes ont une sexualité libérée, même si des enquêtes montrent que leurs comportements se rapprochent de plus en plus de ceux des hommes. Les gynécos doivent aborder la question », rappelle Carine Favier. Une femme, de 20 à 80 ans, serait censée n'avoir qu'un ou deux partenaires ? Sylvie, jeune maman, consulte son gynéco une à deux fois par an. « Je n'avais plus de partenaire stable, je voulais arrêter la pilule. Il m'a fait l'éloge du stérilet, en me disant que le préservatif, ce n'était pas génial. Pour moi, ça n'a jamais été un frein à l'orgasme. » Certains discours machistes continuent aussi d'avoir cours : « Une femme qui affirme avoir un préservatif dans son sac va s'entendre dire qu'elle est “toujours prête“. Mais non, elle prévoit, elle se respecte et elle a raison  ! » s'insurge Carine Favier. L'infectiologue incite donc les femmes
à surmonter leur peur et à poser des questions à leur généraliste ou à leur gynéco. Car il paraît utile de le répéter : aucune IST
ne s'attrape sur les toilettes publiques.

 

Bon à savoir sur le préservatif

  • Attention aux ongles, ils peuvent le déchirer.
  • Pour réduire les risques de déchirure, vous pouvez utiliser un gel lubrifiant.
  • Il faut le mettre avant toute pénétration. En effet, avant l'éjaculation, il peut y avoir une émission de liquide séminal qui contient des spermatozoïdes.
  • Il est obligatoire d'en changer à chaque rapport.
  • Nouez-le avant de le jeter. Pour en savoir plus.
  • Mouvement français pour le planning familial 
 www.planning-familial.org.
  • Fil santé jeunes : 0 800 235 236 (de 8 heures à minuit)
 www.choisirsacontraception.fr.

 

Des infections silencieuses

L'infection à chlamydia est très fréquente (7 % des IST féminines), elle présente peu de symptômes et 90 % des femmes ne ressentent pas l'infection. Ses complications peuvent être sévères  : infections génitales graves, grossesses extra-utérines, stérilité. Elle se dépiste facilement (par prélèvement urinaire ou vaginal) et se traite avec des antibiotiques. Les condylomes (14,2 % des IST féminines), de petites verrues dues aux papillomavirus, ne se voient pas à l'oeil nu. Sans un examen gynécologique et un traitement, ils peuvent évoluer en cancer. L'herpès génital demande aussi à être traité et impose le port du préservatif en cas de phase aiguë, même si la transmission peut se faire en dehors de tout symptôme. La blennorragie (dite aussi chaude-pisse) se déclare sous forme de pertes jaunes, de saignements anormaux, de sensations de brûlures en urinant. Elle est due à une bactérie appelée gonocoque. Non soignée, elle peut atteindre les articulations et rendre stérile. La syphilis, récemment réapparue, débute par un chancre, mais cette lésion, fugace et pas toujours visible, peut se cacher dans la gorge. Ce germe ultra-contaminant se détecte par une simple prise de sang et nécessite un traitement pour éviter de très graves dommages au cerveau, au coeur, aux artères ou aux yeux. Une fellation sans préservatif suffit à la transmission.

 

Le sida tue encore
Exception faite des toxicomanes, 76 % des femmes françaises ayant découvert leur séropositivité au cours des années 2005 et 2006 avaient un partenaire stable et un âge moyen de 38,7 ans*. Les services de dépistage rencontrent 
aussi de nombreux tests positifs chez des femmes d'une cinquantaine d'années qui ont eu des pratiques à risque sans avoir le sentiment d'appartenir à un groupe 
« à risque ». Le plus paradoxal ? Cette génération de 
femmes qui a incité ses filles à utiliser des préservatifs 
n'a pas adopté son utilisation pour elle-même.
*Source : INVS, 31 mars 2007.

 

Des virus évitables

Le virus de l'hépatite A n'est pas classé parmi les IST, mais il existe des possibilités de transmission sexuelle. Le virus de l'hépatite B est transmissible sexuellement. Des vaccins existent pour ces deux virus, faites-vous vacciner. Il faut aussi savoir que les femmes sont plus vulnérables au VIH, le virus du sida, car le vagin est une muqueuse plus étendue que la muqueuse du gland, il est fragilisé au moment des règles et le col de l'utérus chez les jeunes femmes est immature. La présence d'IST le fragilise et l'expose davantage au virus. 
Le liquide préséminal d'un homme séropositif, ainsi que son sperme, peuvent le transmettre, le sperme peut rester plusieurs jours dans 
le vagin lors d'un rapport sans préservatif. Le seul et unique moyen de se protéger de l'ensemble des IST est l'usage du préservatif.
 

 


Ne le laissez pas dire non  !
« Le silence, le manque de dialogue, sont des contextes qui favorisent le risque », précise Carine Favier. Son conseil quand un garçon refuse ? Dites-lui que vous avez un préservatif féminin. Souvent, il oublie son argument fétiche (« Ça me fait débander ») pour s'adapter et en dérouler un. Le préservatif féminin existe depuis 10 ans. C'est un instrument de pouvoir dans la négociation.

 

Chiffre
330 millions de nouveaux cas d'IST chaque année dans le monde.

 

* IST = Infections sexuellement transmissibles. Le terme remplace depuis une dizaine d'années celui de MST, maladies sexuellement transmissibles. 
Il est plus précis, la plupart des infections étant d'origine infectieuse.

 

 

0 vidéo(s)

 

 

Envoyer Imprimer Réagir

   

 

 

Partager

Digg del.icio.us Facebook Google Scoopeo TwitThis Wikio FR BlogMemes Fr Furl Live blogmarks Technorati StumbleUpon YahooMyWeb

 

 

Ce site respecte les principes de la charte HONcode de HON Ce site respecte les principes de la charte HONcode. Vérifiez ici.