Comment trouver l’amour sur internet ?

Meetic, Match, Parship… Les sites de rencontre en ligne séduisent ou inspirent le rejet. Mais pour faire valser sa solitude, il est impératif d’adopter une attitude claire. Voici quelques conseils pour aborder la Toile.

ETABLISSEZ LES BONNES CONNEXIONS

pratiquez l’introspection

  • Sentez-vous prêts
    Poussé par son entourage ou le désespoir, celui qui surfe sans trop y croire cultive la suspicion et s’emploie à prouver que « ça ne marche pas ». Assumez-vous l’image du solitaire en quête d’âme soeur ? « S’inscrire signifie que l’on veut mettre fin à son célibat et souvent, cela ne s’avoue pas », observe Sabrina Philippe.
  • Séparez-vous vraiment
    Sur ces sites, on peut tester son pouvoir de séduction, pas la solidité de son couple ! Un pied dans l’adultère, on dialogue avec l’inquiétude de passer du virtuel au réel. Même combat pour les internautes inconsciemment liés à leur ex qui, attirés par un profil ressemblant ou opposé, cherchent à combler un manque, à se venger ou à réparer la relation. En gardant un point d’ancrage avec son partenaire (ex ou actuel), on agit tel l’enfant qui explore son environnement sous la protection rassurante de ses parents. Prenez des risques !
  • Restez sincères
    Remplir sa fiche de profil et s’adresser à des inconnus amènent à s’interroger sur soi. On réalise qu’on plaît, on prend confiance en soi. Mais, dit Serge Tisseron, «le piège est d’oublier la finalité : se rencontrer de visu. C’est comme avec le maquillage. À force de se voir maquillée, on se croit incapable de séduire sans. Il faut accepter de se montrer telle que l’on est.
  • En pratique : notez sur un carnet vos atouts (physiques, relationnels), vos goûts (le dernier film qui vous a enthousiasmés), les activités qui vous plairaient. Mais aussi ce que vous aimez ou non dans vos échanges avec tel ou tel internaute.

 

Cultivez la souplesse

  • Acceptez les échecs
    Être souvent déçu ou zappé peut frustrer, et cela fait partie des risques émotionnels liés à la quête amoureuse. « Mais ici la frustration invite à la fuite en avant. “Un de perdu, dix de retrouvés” ! On change vite d’interlocuteur en les abordant de la même manière, au lieu de s’interroger sur son rapport à l’autre, ce qui est plus structurant», note Serge Tisseron. Au fond, on trouve sur ces sites ce que l’on est venu y chercher : des aventures, des relations plus sérieuses, des amis-amants…
  • N’idéalisez pas vos relations
    Chacun se présente selon l’idée qu’il se fait ou désire donner de lui-même. Faute de signaux corporels (une façon de croiser les jambes ou de baisser le regard, une odeur, une voix), on a tôt fait de surinterpréter le moindre e-mail poétique ou SMS-surprise. Comme les échanges vont plus vite qu’une lettre envoyée par la poste, l’imaginaire s’emballe… et les désillusions sont fréquentes.
  • En pratique : évoquez moins votre passé que vos projets sur un ton optimiste. Même séduits, n’affichez jamais une disponibilité totale. Fixez un rendez-vous par téléphone dans un lieu fréquenté et en journée, pour briser la glace du stress. Prévoyez une activité susceptible d’être écourtée ou prolongée.

Soyez réalistes

  • Élargissez les critères
    Sur Internet, on compense la distance physique par la proximité des goûts ou du caractère. Or, au bureau ou ailleurs, on peut flasher sur quelqu’un dont on n’aurait jamais imaginé qu’il nous plairait. La différence et l’inattendu créent du désir.
  • Prenez vite rendez-vous
    La vraie rencontre débute physiquement face à l’autre. « Croire que se connaître intellectuellement assure une bonne entente est une erreur fréquente, note Serge Tisseron. En amour, trois temps sont nécessaires : l’approche, la séduction et la relation sexuelle. Peu importe si Internet tend à inverser les deux derniers. Cependant, le virtuel ouvre une porte dans l’imaginaire et une dans la réalité, et il faut pousser la seconde le plus tôt possible. » Le bon moment ? « Dès que l’on commence à voir la personne comme idéale, car elle est la projection de notre propre fantasme », conseille Sabrina Philippe.
  • Allez voir ailleurs
    Même si seuls les individus fragiles risquent de devenir de vrais addicts, on peut tous, par un effet hypnotique, se cantonner chez soi à guetter une rencontre pour ne jamais sentir le manque d’aimer ou d’être aimé. En pratique  : ne faites pas un choix sur casting photo. Évitez les chats qui sollicitent beaucoup en incitant à répondre en direct. Multipliez les opportunités loin de votre écran : discothèque, voyages, cinéma, concerts, dîners entre amis…

21,6%

des Français pensent qu’Internet est le moyen le plus rapide et le plus efficace pour rencontrer l’amour.
Ifop, 2004.

 

Témoignage

>Sophie, 34 ans, divorcée

« J’ai commencé à surfer sur Meetic suite à une passion amoureuse, pour me convaincre qu’une histoire était possible après. Mais je m’engageais dans des relations trop “beaufs” ou des trips sexuels. Un recul de quatre mois m’a aidée à accepter ma rupture et à ne plus vivre dans l’urgence d’une rencontre. Depuis, je me connecte deux heures durant une semaine, puis je stoppe quatre ou cinq mois. Ainsi, je m’y investis d’une façon très détachée et “professionnelle”. J’ai créé un questionnaire pour sélectionner les “candidats”, je réponds aux heures creuses pour ne pas être envahie, je ne mets mes photos que sur MSN… En quatre ans, j’ai pris rendez-vous avec une quarantaine d’hommes. Cinq restent des amis, dont deux ex-amants. J’ai acquis plus d’expérience que je n’aurais pu en avoir autrement. Cet outil est un accélérateur. Et un coussin de repli ! Même si je vis actuellement une histoire sérieuse, je ne le lâche pas. » 

> Olivier, 42 ans, en couple

« Je connais Virginie depuis trois ans et on espère avoir un bébé ! Durant six mois, j’ai fait de jolies “rencontres écrites”, poétiques et délirantes. Alors que je ne fixais jamais rendez-vous avant un mois, j’ai accepté de la rencontrer le lendemain de notre premier chat. Cinq jours plus tard, je partais la rejoindre en vacances sur une île grecque. Un vrai coup de foudre. Tout m’a semblé naturel. Notre échange était sans doute plus direct, plus simple et intéressant que les précédents. Les sites de rencontre mettent en relation, mais il faut être en éveil vis-à-vis de l’autre. Ensuite, tout se déroule comme dans la vraie vie. »

 

Faut-il fuir Facebook ?

Tout ce que vous dites pourra être retenu contre vous… même dans 30 ans ! Tel est le message de la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) à l’intention des utilisateurs de Facebook, MySpace, Twitter… On s’inscrit sur ces sites pour étendre ses relations et partager des moments avec des internautes sur la même longueur d’onde que soi. On y expose des informations personnelles que des annonceurs publicitaires ou individus malveillants s’empressent d’exploiter. « D’un point de vue psychologique, ces réseaux communautaires comblent des désirs humains », observe Serge Tisseron. Ils permettent de formuler son expérience au fur et à mesure, de bénéficier de multiples « oreilles » pour la valoriser. On peut aussi choisir de répondre ou d’être absents. Mais ils en créent d’autres, jusque-là impossibles à satisfaire : celui d’ubiquité (on échange avec de multiples interlocuteurs en simultané), celui d’immédiateté (on envoie son message en temps réel) et celui d’endosser plusieurs identités (par le biais des pseudonymes). Rien d’alarmant, à condition de connaître les règles. « Le risque est par exemple de croire que nous sommes les seuls destinataires des messages alors qu’ils sont envoyés en grand nombre. Ou de se laisser piéger par le mot “amis” sur Facebook », ajoute le psychiatre. Autres dangers : se déconnecter d’une vie familiale et sociale réelle, effacer les signaux corporels de toute communication. Et vivre ses émotions et sensations physiques avec un partenaire (trop) docile : son ordinateur.

 

Les livres

  • Virtuel, mon amour – Penser, aimer, souffrir à l’ère des nouvelles technologies,
    par Serge Tisseron, éditions Albin Michel.
  • Amour toujours - Toutes les clés pour réussir votre rencontre sur Internet,
    par Sabrina Philippe, éditions Solar.

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