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SANTÉ
Je stoppe la clope avec mon doc
05 Juillet 2010 par Pascal Turbil
“Arrêter de fumer est ce qu'il y a de plus facile au monde, et je sais de quoi je parle, je l'ai fait des centaines de fois.” Mark Twain
La dépendance physique et psychologique
C'est la nicotine qui rend le fumeur accro, c'est elle qui procure à la fois du plaisir, de la détente et une certaine stimulation intellectuelle. Elle est également anxiolytique, coupe-faim et agit comme un anti-dépresseur. De plus, la cigarette permet d'occuper ses mains, d'avoir une contenance.
La rechute fait partie du processus
Pour le docteur Anne Borgne, tabacologue, les rechutes ne doivent pas être considérées comme des échecs, mais comme des étapes vers le succès final. Il est rare en effet que l'arrêt définitif soit obtenu à la première tentative. Les rechutes sur le long terme sont fréquentes et, en moyenne, 5 à 7 tentatives sont nécessaires. «Lorsqu'un patient se rend chez un spécialiste, il est généralement à bout, il a tout essayé» souligne le professeur Yves Martinet, président du CNCT (Comité national contre le tabagisme). «L'effort porte alors sur la réflexion et la stratégie qui va lui convenir. Parfois nous prescrivons des médicaments, mais j'insiste, la part la plus importante c'est la discussion avec le patient. Il lui faut trouver la réponse à la question "Pourquoi je fume?"».
Aucun fumeur ne traduit “Je fume”, par “Je suis malade”
Avec le docteur Isabelle Pithois Merli*
Pourquoi est-ce si dur d'arrêter ?La cigarette soulage, déstresse, détend… Dans ces conditions, pourquoi s'arrêter ? Au contraire, le cerveau, par le biais de ses capteurs de nicotine, en redemande. Et plus on fume, plus les capteurs se développent et plus ils sont nombreux à réclamer leur dose de nicotine. C'est à ce moment que l'on devient dépendant du tabac.
Quel est le rôle du médecin ?
Le médecin est là pour expliquer tous ces phénomènes liés au tabac : la dépendance, les neuro-transmetteurs qui acheminent la nicotine au cerveau, les conséquences néfastes sur le capital santé… Au moment de la tentative de sevrage, il accompagne, et conseille le fumeur sur les méthodes et produits.
Et la volonté dans tout cela ?
Elle est primordiale. Quelle que soit la méthode adoptée, il ne peut y avoir de résultats qu'avec la détermination du candidat à l'arrêt.
Donc les seuls médicaments ou substituts ne sauraient être efficaces ?
Effectivement et d'ailleurs lors de la prescription du médicament développé par notre laboratoire, le médecin se doit d'insister sur ce point. J'en profite pour lever des doutes liés à la prise de ce médicament et notamment concernant les états dépressifs dont on a pu le rendre responsable. Lorsqu'un médicament est proposé sur le marché, il dispose d'un recul d'au moins 10 ans et les agences qui délivrent l'autorisation de le commercialiser ont évalué le rapport efficacité/tolérance. Les études ont d'ailleurs prouvé que les incidents évoqués (dépression en début de sevrage) ne correspondent pas à la prise d'un médicament, mais bien au manque de “plaisir” procuré par la nicotine. Cet arrêt brutal peut révéler des états dépressifs latents chez certains fumeurs.
*Directeur médical chez Pfizer (le laboratoire s'associe aux campagnes nationales de prévention et d'information liées au tabac : INPES, Société Française de Cardiologie).
Les chiffres qui tuent
66 000 morts par an sont liés au tabac en France. C'est le principal facteur de risque du cancer.
1 cigarette en moins = 11 min de vie supplémentaire.
Près de 50 % des personnes âgées de 18 à 34 ans fument.
1 fumeur régulier sur 2 meurt prématurément des suites de son tabagisme, dont la moitié avant l'âge de 65 ans.
80 % des victimes d'infarctus du myocarde âgées de moins de 45 ans sont fumeurs.
37 % des adolescents de 11 à 15 ans fumeurs estiment ne pas pouvoir se passer de cigarette.
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