Les 6 conseils santé du Dr House

Machiste, odieux, aigri, mais tout aussi génial, ses phrases culte font le buzz sur Internet. En voici 6, estampillées de « série » à ne surtout pas appliquer au pied de la lettre. Mais qu’en pensent les « vrais » médecins ? Nous avons interrogé le docteur Brigitte Milhau.

 

1 – N’hésitez pas, forcez les doses !

Quand un assistant s’étonne de voir House quadrupler sa dose d’antidouleurs, le docteur répond : « En multipliant la dose, je raccourcis la durée d’attente de l’action du médicament. »

L’avis du spécialiste : Autant le discours de Gregory House est bien pensé et cohérent quand il s’adresse à ses patients, autant, quand il s’agit de lui-même, c’est du grand n’importe quoi. Voilà à nouveau le raisonnement d’un toxicomane qui s’arrange avec la vérité. L’effet d’un médicament n’est pas plus rapide quand on augmente les doses. Une dose excessive peut même avoir des conséquences graves. L’aspirine, par exemple, à un certain dosage est antalgique, elle est anti-inflammatoire à une dose plus élevée et peut être toxique pour l’estomac à un stade encore plus élevé.

2 – Choisissez de bons médicaments. Pas pour leur effet, mais pour leur goût !

Dr House : Je prends des analgésiques.
Un patient : Pour votre jambe ?
Dr House : Non, parce que j’adore le goût !
Un deuxième, voire un troisième degré à manier avec précaution. D’autant que les médicaments n’ont généralement aucun goût. Dans le meilleur des cas, le patient comprend qu’il vient d’être pris ouvertement pour un imbécile. Dans le pire des cas, il suit les conseils du bon docteur…

L’avis du spécialiste : Un médicament n’est pas un bonbon mais une substance qui agit sur l’organisme. House aurait pu aussi bien dire « Non, c’est pour la couleur ! ». Cette réponse cherche à signifier à son patient de se mêler de ce qui le regarde. C’est au médecin de poser les questions !

3 – Refusez les préjugés face aux antidépresseurs

À une patiente qui refuse d’en avaler, House déclare : « Si vous habitiez à côté d’une rivière, je vous prescrirais un parpaing… » Habitué à consommer des doses massives d’antalgiques, House se fait volontiers l’avocat des pilules. Mais s’il insiste de manière radicale dans ce cas précis, c’est pour le bien de sa patiente qui assimile les antidépresseurs à une médication réservée aux personnes à « problèmes ».

L’avis du spécialiste : Eh oui, il bafoue tout et surtout la déontologie médicale qui veut que l’on ne parle pas de cette façon à un patient a fortiori dépressif. Mais son agressivité n’est jamais gratuite. Pour que cette malade prenne conscience qu’une dépression non traitée peut aboutir à un suicide, il utilise une image choc. Il s’agit de lui faire comprendre que la dépression est une maladie qu’il convient de traiter comme telle, avec des médicaments adaptés.

4 – Vous souffrez ? Droguez-vous !

Pour supporter la douleur que lui inflige sa jambe, Greg House se drogue… Antalgiques, analgésiques, injections de toutes sortes, pas un épisode qui ne le montre en « action ». Dr House : « J’ai dit que j’étais drogué, je n’ai pas dit que j’avais un problème. » Du politiquement incorrect, de la part d’un médecin qui se doit de montrer l’exemple.

L’avis du spécialiste : Le docteur House est, comme de nombreux patients, à la fois dans le déni de son addiction et dans la provocation. Être sous antalgiques n’est pas un problème, c’est le mésusage et l’excès qui en sont un.

5 – N’hésitez pas à mentir effrontément

Dr House fait une échographie et déclare à sa patiente : Vous avez un parasite.
La patiente : C’est-à-dire, comme le ténia ? Et on peut s’en débarrasser ?
Dr House : Oh… Pendant encore un mois en gros, mais après on doit vivre avec ou ça serait illégal, à part dans quelques États. Ne vous inquiétez pas, beaucoup de femmes aiment embrasser ce parasite, elles lui donnent même un nom, elles lui trouvent de jolis petits pulls, l’emmènent au parc avec d’autres parasites…
La patiente : D’autres parasites ?
House lui montre sur l’écran le bébé qu’elle porte : Il a vos yeux !
La patiente : Ce n’est pas possible docteur…
Dr House : Pourtant vous avez dû vous apercevoir que vous n’aviez plus vos règles ?
La patiente, qui ne sait pas qui est le père de l’enfant : Mais je me suis fait poser un implant contraceptionnel !
Dr House : L’ancien boyfriend ressemble à votre mari ?
La patiente : Oui !
Dr House : Alors accueillez cet enfant, les mariages les plus solides sont bâtis sur des mensonges. Vous commencez très fort !

L’avis du spécialiste : Heureusement, c’est du cinéma… On doit évidemment accompagner la patiente de façon neutre et bienveillante. Le médecin n’a pas à faire part de ses convictions personnelles, surtout dans un domaine aussi intime, ni à donner des conseils aussi lourds de conséquences. Mais le docteur House aime s’immiscer dans la sphère privée de ses patients et « balancer » ce qu’il pense. Ici, en quelques phrases, il donne son opinion à propos des enfants (des parasites), des femmes gâteuses devant ce petit d’homme, de la fidélité dans le couple et des non-dits (un bon secret de famille vaut mieux qu’un grand drame). On apprend aussi qu’aux États-Unis la durée d’autorisation légale des avortements diffère d’un état à l’autre. Pour finir, il signale l’importance de garder l’enfant et, grâce à l’humour, il banalise une situation qui peut paraître insurmontable.

6 – Soyez odieux !

C’est une de ses nombreuses spécialités. Par exemple, face au refus de parents de pratiquer des soins invasifs sur leur petite fille…
Les parents : Elle n’a que 6 ans, nous n’allons pas lui infliger une telle intervention.
House répond : Vous lui infligez déjà une maman idiote.
Certainement une forme d’électrochoc que le médecin délivre pour éclairer des parents bornés.

L’avis du spécialiste : Bien évidemment, aucun médecin français (du moins, j’ose l’espérer) ne se permettrait une telle attitude mais le docteur House ne recule devant rien pour faire un bon mot (à son goût). Item de base : un patient n’est jamais « borné » à condition de lui expliquer clairement les tenants et les aboutissants de chaque situation. Un médecin se doit d’informer la famille sur les bénéfices et les risques d’un geste dit invasif et il est indispensable d’obtenir leur accord pour une mineure. En revanche, l’âge de l’enfant ne doit pas empêcher un geste utile, c’est un argument de « parent », empreint d’affectivité et non de rationalité.

Extraits choisis


Cuddy (directrice de l’hôpital Princeton), excédée, s’adresse au docteur House :
– Mais vous ne pouvez pas lever le bras ?
Dr House :
– Et vous, vous ne pouvez pas pisser debout !

Dr Cameron :
– Son mari l’a décrite comme inhabituel-lement irritable ces temps-ci…
Dr House :
– Je ne savais pas qu’il était possible pour une femme d’être inhabituellement irritable.

Ses assistants, après un examen :
– On a une hémorragie rectale !
Dr House :
– Tous les trois ?

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